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Imam Khomeiny

Biographie
Discours du Guide suprême aux fonctionnaires du pouvoir judiciaire Version imprimable
28/06/2010

Ce qui suit est le texte intégral du discours prononcé le 28 Juin 2010 par l'Ayatollah Khamenei, Guide suprême de la Révolution islamique, aux fonctionnaires du pouvoir judiciaire de la République islamique d'Iran, lors d'une réunion organisée à l'occasion de l'anniversaire du martyre de l'Ayatollah Beheshti et de 72 autres responsables, le 28 juin 1981.

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Chers frères et sœurs, soyez les bienvenus. Je souhaite également la bienvenue aux fonctionnaires estimés de la magistrature, aux chers frères et sœurs, et aux familles des honorables martyrs du 28 juin 1981. Quelques mots sur ce grand martyre et ses effets, et sur le pouvoir judiciaire.
Une caractéristique naturelle du martyre est qu'il est à l'origine d'un mouvement continu et fructueux vers la transcendance et la perfection. Allah, l'Exalté, dit dans le Coran que les martyrs sont vivants et dans la coutume islamique et notre terminologie le martyre signifie «le témoin», «l'observateur» et «le présent».
Cela signifie que le sang des martyrs n'a pas été versé pour rien.
Une des particularités du martyre qui résulte de ses idéaux et de ses désirs, est qu'il ne sera jamais voué à disparaitre. C'est une caractéristique naturelle du martyre. Etre tué dans la voie de Dieu n'est pas du tout une tragédie pour ceux qui ressentent cette vérité du fond du cœur et l'ont attestée. Au contraire, pour eux, il s'agit d'une grande fierté et d'un grand honneur, et ils demandent à Dieu de leur accorder cette bénédiction, dans leurs prières.
Je crois que ceux qui sont tombés en martyrs le 28 juin 1981, font partie des meilleures personnes qui ont choisi cette voie. Je connaissais beaucoup de ces martyrs. Je les ai rencontrés au cours des activités révolutionnaires ou lors des événements après la victoire de la Révolution. Ils étaient vraiment prêts à sacrifier leur vie. Ils étaient prêts pour le martyre. Si on leur avait dit qu'ils tomberaient en martyrs, cela ne les aurait nullement impressionnés, au contraire, ils en auraient été ravis. Le martyre était une bonne nouvelle et en tête de ces martyrs, se trouvait notre cher martyr, l'Ayatollah Beheshti, qui était une personne fidèle, sincère, honnête et déterminée. Il croyait en ce qu'il disait et appliquait ce en quoi il croyait. Il était également familiarisé avec les dangers. Il savait que le terrain dans lequel il se trouvait, était un champ de mines. Il savait qu'il pouvait être tué à chaque instant mais malgré cela, il avançait sans crainte en gardant toujours en vue son objectif. Voilà une des caractéristiques de cet honorable martyr. Il était logique et attaché aux principes. C'était un fondamentaliste dans le sens positif du terme, qui n'a jamais renoncé à ses principes. Il y avait des gens qui tentaient de l'attirer, de le faire changer d'avis ou de compromettre ses positions, mais il est resté ferme et fidèle. Ces caractéristiques contribuent à l'émergence de personnalités influentes et durables dans l'Histoire.

«انّ الّذين قالوا ربّنا اللَّه ثمّ استقاموا»
"Ceux qui disent: Notre Seigneur est Allah, puis continuent leur droit chemin" (Coran, 41: 30)

Il est plus facile de parler que d'agir mais il est encore plus difficile de persévérer. Il y a des gens qui parlent sans agir, il y en a d'autres qui font ce qu'ils disent mais renoncent aux moindres difficultés, moqueries, hostilités ou injustices, et il y a aussi des gens qui font volte-face dès qu'ils sont confrontés à de telles situations. Vous pouvez voir ces gens autour de vous.
Les gens influents dont le nom reste dans l'Histoire sont ceux qui croient en ce qu'ils disent, sont convaincus et sincères, et poursuivent leur voie avec courage et foi, et une patience qui leur vaut l'amitié divine.

«و اللَّه يحبّ الصّابرين»
"Et Allah aime les endurants." (Coran, 3: 146)

La patience reçoit en retour l'amour divin. Ces gens deviennent des personnalités précieuses et influentes, et leur chemin devient une ligne directrice pour les autres. Que la miséricorde de Dieu soit sur le martyr Beheshti et ceux qui sont tombés avec lui.
Que la miséricorde de Dieu soit sur ceux qui sont tombés en martyrs pour l'Islam.

L'effet immédiat de leur martyre est que la sincérité des gens augmente, que la légitimité du régime islamique se renforce et que ses idées sont mieux réalisées dans la société. Ce sont les caractéristiques du martyre. Les masques sont tombés, les principes de la République islamique et de l'imam Khomeiny (RA) se sont consolidés et la nouvelle République islamique s'est renforcée. La République islamique a trouvé l'énergie nécessaire pour avancer. Dans ces conditions difficiles, tandis que l'ennemi agresseur occupait militairement une partie stratégique de notre pays, cet événement qui semblait si tragique en fait, a eu des effets constructifs sur la Révolution.
Chers amis ! Tant que l'esprit du martyre bénéficiera du respect et de l'estime de notre société, de notre culture et de notre idéologie, aucun pouvoir y compris les plus grandes puissances arrogantes du monde actuel, ne pourront vaincre la République islamique et la nation iranienne.
Mais en ce qui concerne le Pouvoir judiciaire. Il s'agit véritablement d'un des secteurs sensibles de la République islamique. Cela est aussi vrai dans les autres gouvernements dans le monde. Le pouvoir judiciaire joue un rôle déterminant et essentiel, dans le monde, mais il est extrêmement important pour la République islamique dont la légitimité et les fondements essentiels dépendent de sa justice.
J'ai mentionné plusieurs points sur la magistrature lors de mes rencontres annuelles avec les responsables du Pouvoir judiciaire. Les responsables de la magistrature ont également souligné des points importants. Hier, il y avait une réunion dans la magistrature dont j'ai vu certaines parties à la télévision. Les chefs des trois pouvoirs ont signalé des points importants et ont eu des propos appropriés. Bien sûr, de beaux projets sont une des deux faces de la question, l'autre face consiste à voir si ces projets sont applicables et dans ce cas, leur réalisation et leur poursuite exigent des efforts sérieux et déterminés.
Heureusement, les conditions de la magistrature sont actuellement bonnes. Le chef de la magistrature est un savant, un Mujtahid érudit et bien informé, très compétent qui jouit de l'énergie propre à la jeunesse. Pendant le court délai qui lui a été assigné nous avons vu que beaucoup de demandes et d'attentes de l'appareil judiciaire ont été satisfaites ou le seront bientôt. Ce sont des signes prometteurs.
Comme nous l'avons mentionné dans cette réunion, l'ensemble des hauts fonctionnaires de la magistrature sont des gens honnêtes, compétents et sincères, et qui ont une grande expérience. Cela est très prometteur. Heureusement, nous ne manquons pas de juges savants, perspicaces, courageux et efficaces dans le système judiciaire. Ce sont des réalités que nous constatons. Au fil du temps, les lacunes ont été détectées, les mesures nécessaires ont été prises et des plans ont été préparés partout où cela était nécessaire. Ce sont des signes prometteurs. Mais des signes prometteurs doivent aboutir à des actions concrètes pour montrer les réalités du pouvoir judiciaire. J'ai dit à plusieurs reprises que le pouvoir judiciaire devait atteindre un stade où les gens des différentes régions du pays, quand ils se sentent lésés, fassent confiance au système judiciaire pour faire valoir leurs droits. Cet espoir doit s'installer dans le cœur de tous les habitants de ce pays.
Bien sûr, cet espoir ne se crée pas facilement. De nombreuses plaintes juridiques doivent être suivies de résultats équitables et justes pour que progressivement, cet espoir s'installe dans les cœurs. Bien sûr, je ne veux pas comparer notre système judiciaire avec celui que nous avions avant la Révolution, sous le règne du Taghut. Ceux qui ont connu cette époque, savent que le pouvoir judiciaire était un organisme auquel il était impossible de faire confiance. Les gens ne sentaient pas qu'ils pouvaient se référer à la justice et obtenir des résultats équitables, non, l'insouciance et l'impiété avaient causé tant de décisions injustes dans le système judiciaire, que personne n'avait aucun espoir dans cet organisme, à moins d'être pistonné d'en haut, à moins de payer ou d'autres choses semblables. Par conséquent, je ne veux pas comparer notre système judiciaire avec celui de cette époque ni créer un sentiment artificiel de satisfaction sur nos juges, les verdicts et les travaux qui se font actuellement. Je voudrais comparer la situation actuelle de la magistrature avec celle que la République islamique mérite. Il faut que nous fassions des efforts. Une des choses que nous pouvons faire est de recruter des gens fidèles, compétents et honnêtes dans la magistrature. Bien sûr, les meilleurs fonctionnaires du système judiciaire ont aussi besoin de la surveillance précise des responsables de haut rang et d'une bonne gestion. Les bons fonctionnaires aussi, peuvent parfois faire des erreurs et des écarts. Une bonne personne ne reste pas toujours bonne, non, tout le monde est exposé aux épreuves et aux tentations. Il faut faire attention aux possibilités d'erreurs qui existent partout. C'est un mouvement qu'il faut entreprendre au niveau du personnel et qui est très important.
Le secteur administratif de l'appareil judiciaire n'est pas moins important que le secteur du personnel. Il faut faire des efforts pour remettre à jour la structure administrative de l'appareil judiciaire. Je ne dis pas que nous devons perdre de vue la stabilité de la magistrature, non, la stabilité est nécessaire mais il faut en même temps, avoir un regard critique sur les mauvaises méthodes bureaucratiques qui sont dans certains cas, un héritage du passé et dans d'autres cas, le résultat de l'imitation de méthodes désuètes européennes. C'est un point important et nous devons y prêter attention. Parfois, les structures bureaucratiques rendent les procédures juridiques difficiles et les verdicts moins fiables, et noient les gens dans leurs dédales. C'est un autre mouvement auquel il est nécessaire de faire attention.
Les lois et les règlements constituent la question suivante. Nous devons prêter attention aux lois et aux règlements dans le système judiciaire. Nous devons les réviser et faire adopter les réglementations nécessaires. Bien sûr, j'ai reçu des rapports très détaillés sur les procédures judiciaires et pénales qui sont en cours d'études. Cela doit s'appliquer à tous les règlements. Parfois, une loi problématique héritée de l'époque des Taghut où le pouvoir judiciaire était fondé sur des bases problématiques, peut causer certains problèmes. Les contradictions juridiques créent de nombreux problèmes dans les tribunaux. Comme je l'ai dit l'année dernière, l'incohérence entre les verdicts des tribunaux de première instance et ceux des cours d'appel vient de ce problème. Ces lois doivent être réformées. Bien sûr, cela est une tâche immense et lourde.
Il est nécessaire que le pouvoir judiciaire ne soit pas affecté par les amitiés, les inimitiés et la propagande politique. Un des grands dangers est que la propagande politique puisse influer sur les jugements, les juges, le procureur et toutes les autres personnes qui sont impliquées dans l'examen des questions juridiques. Plusieurs types de propagandes politiques apparaissent, les journaux écrivent des articles, les radios étrangères disent des choses différentes, l'ennemi dit ce qu'il veut et les différents partis politiques commentent les faits à leur manière. Ces choses ne doivent pas affecter la procédure juridique. L'un des défis les plus difficiles du pouvoir judiciaire, est de ne pas se laisser influencer par les propagandes politiques. Le verset qui a été récité au début de cette réunion concerne cette question :

«اعدلوا هو اقرب للتّقوى»
«Soyez justes, cela est plus proche de la piété." (Coran, 5 : 8)

« «و لا يجرمنّكم شنئان قوم على الّا تعدلو
«O vous qui croyez, soyez assidus dans le parcours de la voie d'Allah et observer la justice, et ne laissez pas la haine d'un peuple vous inciter à agir de manière équitable » (Coran, 5 : 8)

signifie que vous ne devez pas vous laisser influencer par vos sentiments. Le verset ne mentionne que les inimitiés, mais cela concerne aussi les amitiés. La piété, c'est prendre soin de ne pas s'éloigner du droit chemin et éviter les pièges et les problèmes.
«Voilà comment vous pouvez marcher sur le bon chemin et éviter les problèmes »
Les atmosphères politiques manipulées par différents individus, ne doivent pas affecter le pouvoir judiciaire. Bien sûr, ce n'est pas une tâche facile. Je dois reconnaitre que cela est plus facile à dire qu'à faire. Mais si cela est réalisé, les gens feront confiance aux décisions des tribunaux même s'ils ne sont pas satisfaits du fond du cœur de certains verdicts. Nous pouvons faire une comparaison entre ces décisions et les décisions prises de l'arbitre sur le terrain. Personne ne rejette la décision d'un arbitre. Certaines personnes peuvent protester contre sa décision, mais cela est considéré comme un signe de mauvaise foi. Tout le monde accepte finalement la décision de l'arbitre. Bien sûr, il y a beaucoup de différence entre les décisions d'un arbitre et celles d'un juge. Toutefois, comme c'est le cas dans les activités sportives, les gens doivent sentir que les jugements sont fondés sur la vérité et conformes à la loi, et ne sont pas affectés par des opinions personnelles, des mouvements, des tendances politiques ou non politiques, des amitiés et des inimitiés. Si les gens ont ce sentiment, ils seront convaincus que les décisions sont justes, même s'ils ne sont pas satisfaits du verdict final. Ils accepteront ce verdict sans éprouver aucun mécontentement. Il est nécessaire que cet état d'esprit règne dans la société, et c'est une grande opportunité pour la magistrature.
Bien sûr, toutes les organisations gouvernementales du pays doivent soutenir le Pouvoir judiciaire pour qu'il puisse agir dans ce domaine sans imposer des opinions personnelles, comme la balance de la justice qui représente le pouvoir judiciaire les yeux bandés. Bien sûr, cela ne signifie pas que le Pouvoir judiciaire ferme les yeux sur les réalités. Cela signifie que les amis, les ennemis, les plaignants et les défendeurs sont égaux aux yeux de la magistrature. Les personnalités et leurs caractéristiques ne sont pas prises en considération. Cela doit être préservé. Bien sûr, cela est très difficile. Mais si cela est réalisé, ce sera un des plus importants moyens pour aider la société à progresser et un des grands atouts de la République islamique. Cela nous aidera à faire des progrès et aidera le pays à atteindre ses objectifs. C'est une tâche importante. Bien sûr, en faisant confiance à Allah le Très-Haut, en nous appuyant sur Lui, en nous rappelant les récompenses divines accordées aux gens sincères et en nous confiant à Allah l'Exalté, nous espérons que tous les fonctionnaires arriveront à mener à bien cette grande tâche.
Ces jours-ci coïncident avec le mois sacré de Rajab, le mois des prières et de la confiance en Dieu, le mois de préparation au mois béni de Ramadan. Il y a des bonnes raisons au fait que les gens aient été invités à la pénitence, à faire certains actes et à réciter certaines prières, pendant ce mois. Les prières sont bonnes en tout temps et il est possible d'en faire à tout moment. Mais ce mois et ces jours ont une signification spéciale. Nous devons en tirer le meilleur profit. Si vous vous tournez vers Allah l'Exalté, si vous comptez sur lui, si vous demandez Son aide et si vous Lui faites confiance, Il vous aidera.
J'espère que les âmes pures de nos martyrs et de notre imam seront satisfaites de vous tous. J'espère que vous, chers frères et sœurs, et tous les fonctionnaires, bénéficierez des prières de l'Imam du Temps (que notre âme lui soit sacrifiée).

Que les Salutations divines soit sur vous et que la miséricorde d'Allah et Sa bénédiction vous accompagnent !

 
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