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Imam Khomeiny

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Discours du Guide suprême à la deuxième conférence sur les « pensées stratégiques» Version imprimable
17/05/2011

Ce qui suit est le texte intégral du discours prononcé le 17 mai 2011, par l'Ayatollah Khamenei, Guide suprême de la Révolution islamique aux participants à la deuxième conférence sur les « pensées stratégiques» de la République islamique, et l'instauration de la justice.

Au nom de Dieu le très Miséricordieux, le tout Miséricordieux

« Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à l'honorable auditoire, aux chers frères et sœurs et aux organisateurs de cette réunion précieuse et fructueuse. Je tiens à remercier en particulier, monsieur le Docteur Vaez-zadeh, qui a très bien dirigé cette réunion. Je vous remercie de nous avoir donné l'occasion de discuter de ces questions. Inshallah, ces réunions se poursuivront dans l'avenir. Je suis reconnaissant à Allah le Tout-Puissant, qui a fourni cette opportunité, cette ambiance et cette sécurité aux chers participants et à ceux qui était chargés de l'organisation de cette réunion. Sans la faveur de Dieu et la sérénité de nos professeurs, de nos intellectuels et de nos érudits, il aurait été impossible pour le régime, de profiter de cette opportunité. Ceci est une occasion importante qu'Allah le Tout-Puissant nous a donnée.

Cette réunion n'est qu'un début et nous espérons que cela continuera de manière appropriée et aboutira à de bons résultats. A mon avis, nous avons de vastes capacités dans le pays, en termes de main d'œuvre, pour poursuivre l'importante question de la justice et atteindre les résultats souhaités.

Je crois que même les experts qui ne sont pas présents à cette réunion sont associés à cette question. Sans doute, dans nos universités, nos centres d'enseignement islamique et nos centres de recherches dans tout le pays, il y a des experts qui ont fait des recherches ou sont prêts à en faire dans ce domaine. Nous considérons qu'ils sont tous associés dans ce travail.

La question de la justice sociale doit devenir un discours d'élites. Nous devons poursuivre cette question et ne pas l'abandonner. De vastes domaines sont concernés et il y a des besoins urgents dont certains ont été exprimés par les amis qui ont pris la parole au début de cette réunion. Les points que vous avez mentionnés auront des résultats utiles pour la génération actuelle et les générations futures. Plus tard, nous pourrons utiliser l'aide des experts du monde de l'Islam et d'autres pays qui pourront peut-être nous aider à atteindre de bons résultats dans la question de la justice sociale.

J'ai été heureux aussi de savoir que nos amis étaient intéressés par d'autres questions. Je crois que les débats et les discussions que le Docteur Vaez-zadeh a prévus dans cette réunion, étaient les programmes les plus intéressants. Ces débats ont prouvé que le public était attentif aux points qui ont été soulevés et peuvent conduire à une coopération. Chacun de vous a sa propre opinion sur la justice. Vous avez tous réfléchi sur cette question et vous allez y réfléchir davantage dans l'avenir. Mais de tels rassemblements permettent des échanges d'idées, un approfondissement, une globalisation et un élargissement des questions et nous aideront finalement à aboutir à un point final dont je vais parler.

Je ne vais pas m'attarder sur le contenu. Du contenu, vous en avez discuté et inshallah, la discussion se poursuivra sur le thème dont M. Vaez-zadeh a parlé. Cette discussion et les résultats finaux seront la manifestation des pensées et des idées de nos chercheurs et de nos scientifiques. Par conséquent, je n'entrerai donc pas dans cette question et me contenterai de vous faire quelques remarques.

La justice a été une préoccupation constante de l'humanité au long l'Histoire. Le sentiment de sa nécessité a poussé les intellectuels, les philosophes et les penseurs à faire de ce sujet une de leurs préoccupations principales. Par conséquent, depuis les temps les plus reculés de l'Histoire jusqu'à aujourd'hui, la justice et la justice sociale ont été l'objet de discussions et de théories, avec un rôle exceptionnel des religions dans ce domaine. Ce qui a été dit et fait à propos de la justice, dans le cadre de la religion à travers l'Histoire, a été exceptionnel. Nous n'avons pas vu de tels efforts chez les philosophes et les théoriciens.Selon le Saint Coran, la justice est l'objectif principal des religions.

«لقد ارسلنا رسلنا بالبيّنات و انزلنا معهم الكتاب و الميزان ليقوم النّاس بالقسط»
«Nous avons effectivement envoyé Nos Messagers avec des preuves évidentes, et fait descendre avec eux le Livre et la balance, afin que les gens établissent la justice." Coran 57: 25

Ce verset signifie que l'établissement de la justice est la principale raison de l'envoi des prophètes, des livres révélés et des signes irréfutables et incontestables présentés par les prophètes divins. Le livre signifie les règles et les enseignements religieux et moraux. La balance, les normes et les critères de la justice.

Bien sûr, il n'y a aucun doute que l'établissement de la justice et tout ce qui est lié à la vie individuelle et sociale, sont un prélude à l'objectif principal de la création.

«و ما خلقت الجنّ و الانس الّا ليعبدون»
"Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent." Coran 51:56

Ce verset signifie que l'adoration est le but de la création. Fondamentalement, Dieu a créé l'être humain pour qu'il L'adore. L'adoration de Dieu est la plus haute vertu. Toutefois, pour atteindre cet objectif, les prophètes ont été envoyés à l'Humanité. L'un des objectifs a été souligné dans ce verset. Il y a d'autres versets dans le Coran qui présentent les autres objectifs de l'envoi des prophètes, mais tous ces objectifs constituent un système cohérent. Par conséquent, le but est la justice. La justice est le but de l'ordre du monde, des civilisations et de la vie sociale. Cela n'existe dans aucune autre école de pensée humaine. C'est l'exclusivité de la religion.

Une autre caractéristique des religions est le soutien des prophètes divins aux opprimés à travers toute l'Histoire. Les prophètes ont toujours combattu pour la justice. Le Coran nous explique que les prophètes ont été confrontés aux oppresseurs (taghuts) et aux nantis.

«ما ارسلنا فى قرية من نذير الّا قال مترفوها انّا بما ارسلتم به كافرون»
«Et Nous n'avons envoyé aucun avertisseur dans une cité sans que les nantis ne disent : "Nous ne croyons pas au message avec lequel vous êtes envoyés". " Coran 34: 34

Il n'y a eu aucun prophète qui n'ait été obligé de combattre les gens riches ou ceux qui détiennent le pouvoir. Le terme Taghout (gouvernement oppresseur) est un terme général qui englobe toutes ces significations. Par conséquent, dans la confrontation entre les opprimés et les oppresseurs, les prophètes divins ont toujours soutenu les opprimés et lutté pour la justice, c'est une caractéristique spécifiquement religieuse. Les philosophes ont parlé de la justice mais la plupart du temps, à l'instar des intellectuels, ils n'ont fait que parler sans lancer aucune action pour l'instaurer.
Nous avons remarqué ce fait pendant la Révolution et la Défense sacrée, et nous le constatons encore de nos jours. Par contre, ce n'était pas le cas des prophètes divins qui luttaient et étaient la cible des attaques. Quand les riches leur demandaient de se distancer des opprimés, les prophètes divins réagissez. Citons ce verset coranique qui est la réponse du prophète Noé (AS) à ses adversaires.

«و لا اقول للّذين تزدرى اعينكم لن يؤتيهم اللَّه خيرا»
«Et je ne vous dis pas que je détiens les trésors de Dieu, je ne connais pas l'Inconnaissable, et je ne dis pas que je suis un Ange et je ne dis pas non plus à ceux que vous méprisez, que Dieu ne leur accordera aucune faveur. Dieu connaît mieux ce qu'il y a dans leurs âmes. [Si je le leur disais], je serais du nombre des injustes ». Coran 11: 31

Par conséquent, ceux qui réclamaient la justice ont été les premiers à rejoindre les prophètes.

Le troisième point est que toutes les religions partagent l'idée que ce grand mouvement historique se terminera par l'avènement de la justice dans le monde. C'est-à-dire que toutes les religions croient que la justice sera établie lorsque la religion sera complètement établie dans le monde.

«يملأ اللَّه به الأرض قسطا و عدلا كما ملئت ظلما و جورا»
"Dieu va remplir la terre d'équité et de justice, tout comme elle avait été remplie d'oppression", lit-on dans la Ziarat Ale-Yassin.

Tous les prophètes et toutes religions divines ont mentionné et souligné cet objectif, et ont tous affirmé qu'ils avancent vers ce but.
Par conséquent, tous les prophètes ont insisté sur la justice tant au point de départ, qu'au milieu du trajet et à la fin de leur mission prophétique. C'est une chose exceptionnelle.

Le point suivant est que dans notre Révolution islamique qui est un mouvement religieux, la justice a bénéficié d'une attention de premier ordre. Cela se constate dans les slogans populaires, notre Constitution, les discours de notre Imam et les différents thèmes discutés à des occasions différentes dans la République islamique.
Par exemple, quand pendant la Défense Sacrée, tout le monde criait à la paix pour forcer la République islamique à abandonner la lutte, la République islamique a introduit le slogan d'une «paix juste». La paix n'est pas une valeur absolue. C'est une valeur relative.
La paix est bonne dans certains cas mais dans d'autres cas, la guerre est bonne et la paix est mauvaise. Mais cela ne s'applique pas à la justice qui est une valeur absolue. C'est à dire qu'il n'y a pas de situation dans laquelle la justice serait mauvaise. La justice depuis le début de la Révolution, a été la principale préoccupation du régime islamique.
De grands travaux ont été accomplis dans ce domaine mais la situation n'est pas encore satisfaisante. Certains amis qui ont parlé à cette réunion, ont présenté de bons rapports et statistiques sur ce qui a été accompli à cet égard. J'ai peut-être encore plus d'informations que vous sur les mesures concernant l'instauration de la justice et je sais qu'une gamme de mesures ont été prises depuis le début de la Révolution. Toutefois, la situation n'est pas du tout satisfaisante.
Ce dont nous avons besoin et ce que nous cherchons est un maximum de justice et non un niveau moyen. Nous souhaitons une justice maximale. Nous voulons éliminer les injustices de notre société. Il y a un long chemin à parcourir avant d'atteindre cet objectif. Par conséquent, il est nécessaire de faire des efforts dans cette direction.

Je tiens à ajouter que les discussions comme celles d'aujourd'hui sur la justice sont le résultat du souci de la République islamique pour ce principe. Cela ne veut pas dire que nous n'avons pas réussi à comprendre ce qu'est la justice au cours de ces années ou que la République islamique n'a rien fait pour en donner une définition. Non, tout le monde sait qu'il y a toujours eu une définition concise et générale, ainsi que certaines normes adjacentes, et comme je le disais, beaucoup de travaux ont déjà été faits. Mais l'une des raisons pour lesquelles nous discutons de cette question est que nous voulons que le discours sur la justice soit un discours dynamique et omniprésent. La question de la justice doit rester la préoccupation de nos élites, du gouvernement et de notre peuple, surtout chez les jeunes. C'est un des objectifs de cette réunion et de cette discussion.

La seconde raison est que si nous voulons combler le fossé qui existe entre la situation actuelle et la situation idéale qui est un maximum de justice, nous devons utiliser des méthodes et des stratégies nouvelles et efficaces. Nous devons savoir quelles sont les méthodes pratiques d'établissement de la justice et savoir que la période "d'essais et d'erreurs" est révolue. Au cours des trente dernières années, nous avons fait beaucoup d'essais et d'erreurs. Différentes méthodes et approches ont été adoptées pendant la première décennie de la Révolution qui suivaient les tendances de l'époque et qu'ont mentionnées aujourd'hui certains orateurs, puis nous avons fait volteface plus tard durant la deuxième décennie de la Révolution, avec encore d'autres méthodes entre les deux.
Il n'est pas recommandable de continuer à agir ainsi. Nous devons identifier les méthodes performantes et efficaces, et fonder nos activités sur ces méthodes pour avancer.

La troisième raison est qu'aujourd'hui, notre pays est sur la voie de grands progrès. C'est une vérité. Heureusement le mouvement de notre pays vers le progrès - dans le sens général - est un mouvement rapide. Notre situation actuelle n'est pas comparable à celle d'il y a 20 ans. Aujourd'hui notre mouvement vers le progrès est un mouvement accéléré. Dans ce contexte, nous avons besoin de prendre de grandes décisions. Les grandes décisions sont indispensables. Si la justice est ignorée lors de l'adoption de telles décisions, les effets négatifs et les conséquences seront immenses. Par conséquent aujourd'hui, il est important de prêter une attention particulière à la justice et de préciser la relation qui existe entre progrès et justice.

Un de nos amis a déclaré que certaines mesures avaient été adoptées pour la création d'un centre chargé de la poursuite des questions liées au modèle de progrès. Par la grâce d'Allah, ce centre commencera ses travaux et j'espère que la question de la justice sera poursuivie par ce même centre.

Le point suivant est que notre objectif consiste à développer une théorie purement islamique de la justice. Bien sûr, nous devons nous référer à nos sources islamiques dans une perspective moderne et innovante, et extraire cette théorie à partir des sources islamiques, à l'aide des moyens scientifiques et techniques, qui ont été présentés aujourd'hui par certains amis. Nous avons des méthodes et des démarches scientifiques bien pensées et expérimentées pour nos déductions. Nous devons utiliser ces méthodes. Par conséquent, sur le plan théorique, nous devons extraire une théorie islamique de nos sources et de nos textes.
Je tiens à souligner qu'il ne s'agit pas d'élaborer une théorie par montage et collage des idées des différents penseurs et philosophes qui ont discuté de cette question. Il est nécessaire d'éviter de produire des théories hybrides. Nous avons fait cette erreur dans de nombreux cas et nous sommes inconsciemment tombés dans le piège de ces fusions d'idées.
Il serait difficile de sortir ensuite d'un tel piège. Nous devons étudier soigneusement nos sources et nos références islamique dont certaines ont été mentionnées par les amis dans cette réunion. Beaucoup de sujets adjacents ont été discutés dans le Coran, les hadiths, le Nahjol Balaghah et dans les ouvrages de jurisprudence, de logique et de philosophie. Nous pouvons faire usage de toutes ces sources afin d'en extraire une théorie véritablement islamique.

Bien sûr, dans ce cas comme dans d'autres, la connaissance des idées d'autres personnes peut nous aider à une meilleure compréhension des textes islamiques. Cela est une règle générale, y compris dans les discussions sur le Droit et la jurisprudence islamiques. Avec la connaissance des opinions des autres et un esprit ouvert, nous pourrons faire un meilleur usage de nos sources islamiques. Cependant, nous devons être à la recherche d'une théorie purement islamique et éviter les mixages.
La raison pour laquelle la théorie doit être purement islamique est que la réflexion sur la justice repose sur des fondements essentiellement ontologiques et épistémologiques. Si nous nous référons aux théories occidentales qui constituent une partie importante des théories sur ce sujet, nous nous référerons à des principes philosophiques que nous ne reconnaissons pas et que ne pouvons pas accepter vu les principes ontologiques qui les sous-tendent.

Le point complémentaire est que la vision islamique de la justice est très différente des vues et des théories occidentales dans ce domaine. Comme nos amis l'ont mentionné, dans la perspective islamique, la justice résulte de la vérité. Heureusement de bons points ont été remarqués lors de cette réunion, qui m'épargnent de préciser davantage et d'entrer dans les détails. Par ailleurs, la justice est un « devoir » en islam c'est-à-dire une obligation divine alors que les écoles de pensée occidentale ont un avis différent à cet égard. La justice est abordée de différentes façons dans les écoles de pensée occidentale, selon la forme de chacune d'elle. Par exemple, chez les socialistes, la justice est discutée de manière différente que chez les libéraux. Dans aucune de ces écoles, la vision de la justice n'est une vision fondamentale fondée sur des valeurs de base comme c'est le cas dans la religion et dans l'islam.

Un autre point est que nous avons besoin des différences d'opinions et des échange d'idées dans le domaine de la pensée et de la théorisation. Développer une théorie islamique nécessite au préalable, certaines exigences à long terme et de grande envergure. L'exigence la plus importante consiste à écouter les discussions des intellectuels, cela est une nécessité et assure le dynamisme de l'activité scientifique. C'est une erreur d'avoir des préjugés et de vouloir imposer nos idées. Non, nous devons découvrir la bonne option grâce à des échanges.
Par conséquent, l'échange d'avis est nécessaire et ce processus est en cours. Une fois que nous serons d'accord sur un ensemble d'idées, nous devons savoir qu'il est possible que de nouveaux avis soient exprimés et de nouveaux points relevés, cela n'a aucun inconvénient.
Cependant, il est nécessaire de parvenir à une conclusion définitive qui constituera la base des plans à long terme pour le pays. Les échanges d'opinion sont une nécessité mais la gestion du pays exige que nous arrivions à des conclusions logiques sur la justice sociale à partir desquelles nous pourrons décider des plans à long terme. Bien entendu, une fois la conclusion obtenue, il y aura un nouveau cycle d'études appliquées pour trouver les meilleures méthodes.
Aujourd'hui, j'ai remarqué que certaines parties des discussions concernaient ces domaines. Ces discussions sont très fructueuses et ont une large portée. Quand nous nous serons mis d'accord sur une théorie sur la justice, nous pourrons commencer les études appliquées et trouver les méthodes d'application de cette théorie dans la société. Cela se traduira par la mise en place de nombreuses autres études. C'est alors que nous serons en mesure d'utiliser de ce que les autres ont expérimenté.

L'un des intervenants a dit que les méthodes seront certainement influencées par les objectifs. Je suis d'accord avec lui. Il n'y a aucun doute à cet égard, mais cela ne veut pas dire que nous ne devons pas du tout utiliser les méthodes et les expériences des autres. Non, sans aucun doute, nous pouvons en tirer profit. La zone d'études appliquées est celle où nous devrons profiter des expériences d'autrui. Imaginez qu'une nation ait pendant un certain temps, expérimenté des méthodes dans le domaine bancaires ou un autre domaine économique, dans les questions sociales ou en matière judiciaire. Les résultats sont évidents et nous pouvons profiter de ces expériences sans aucun inconvénient. Par conséquent, il est nécessaire profiter de l'expérience des autres.

Un autre point est que dans le domaine théorique, l'une des mesures les plus importantes est de considérer la recherche sur la justice comme une discipline scientifique définie dans nos universités et nos centres d'enseignement islamique. Cela n'existe actuellement ni dans nos centres islamiques ni dans nos universités. Dans nos centres islamiques, il n'y aucun empêchement à définir la justice en utilisant les méthodes de jurisprudence islamique. Il est nécessaire de clarifier le principe d'équité dont certains messieurs ont parlé. Ce principe n'est pas clair. La raison en est que dans différents domaines de jurisprudence islamique, des références ont été faites à ce principe sans arriver à des déductions valides, par conséquent, ce principe a été repris à maintes reprises, dans d'autres domaines.
Quel problème y a-t-il à ce que la notion de la justice fasse partie des cours de jurisprudence islamique dans nos centres islamiques, grâce à Dieu, d'éminents érudits sont présents à cette réunion. Bien sûr, cela est différent de la question que l'un des messieurs a mentionnée au sujet de la justice, citant le défunt Cheikh. C'est une autre question. Quel inconvénient y a-t-il à ce que des discussions sérieuses sur la justice sociale soient organisées dans l'optique du Fiqh islamique ?

Une branche interdisciplinaire devrait être créée dans nos universités afin que les étudiants puissent travailler sur ce sujet et que des recherches soient indépendamment menées sur cette question. Je crois que cela est une nécessité au niveau théorique. Cela permettra de promouvoir la théorisation du sujet et aidera également à former un personnel compétent dans ce domaine.

Une autre question importante est la mise au point et la création de normes et la précision des critères de la justice. Je crois que l'une des questions théoriques importantes consiste à définir ces critères. Aujourd'hui, les critères établis par l'Occident ne sont acceptables que dans certaines conditions, certains d'entre eux ne nous sont absolument pas appropriés et certains autres sont incomplets. Certains peuvent pourtant servir dans certaines circonstances.
Nous devons mettre le temps nécessaire pour identifier indépendamment les critères de justice et d'administration de la justice dans la société. C'est un des travaux importants qui doit être accompli. Bien entendu, il y a beaucoup de choses qui doivent être mises en place sur le plan pratique. L'une d'entre elles est de considérer la justice comme critère essentiel lors de l'adoption des lois. A ce sujet, je m'adresse particulièrement aux honorables députés du Majlis et aux membres du Conseil des Gardiens qui doivent accorder une attention particulière à cette question dans la législation et surveiller constamment son évolution.

Je voudrais enfin mentionner deux autres points qui ne sont pas en rapport avec le sujet de notre discussion aujourd'hui, mais qui ne sont pas sans intérêt. Le premier est qu'avoir foi en la Création et la Résurrection joue un rôle essentiel dans notre conception de la justice. Nous ne devons pas ignorer ce point.
Nous ne pouvons pas nous attendre à l'établissement de la justice dans la société sans la foi en ces deux principes. Sans la foi en la Création et la Résurrection, la justice ne sera rien de plus qu'une obligation imposée. C'est pourquoi certains plans occidentaux joliment conçus sur la justice, ne sont jamais appliqués car ils manquent de support idéologique.
Les commentaires occidentaux sur la justice sont intéressants du moins en apparence et même s'ils manquent de bases logiques et solides, mais en pratique, la beauté de ces commentaires ne se reflète pas du tout dans les sociétés occidentales où règne une injustice absolue. Vous ne voyez pas comment ces théories sont appliquées.
La raison est que leurs théories n'ont pas le soutien de la foi dans la Création et la Résurrection. Il est très important d'avoir foi en la Résurrection et dans le fait que nos actions et nos intentions nous apparaîtront de façon matérielle, dans l'Au-delà. Le fait que nous soyons pour la justice, que nous soyons justes, que nous luttions pour la justice, se reflétera dans l'au-delà. Cette foi donne de l'énergie et de la force. Si les gens savaient les mauvaises conséquences de l'oppression ou même d'une intention d'oppression dans l'au-delà, ils opteraient naturellement pour la justice.

Le fait de croire qu'agir comme un loup dans ce monde équivaut à être ressuscité comme un loup dans l'au-delà, influence notre comportement. Nous ne devons pas ignorer ce point dans les études sur la justice.

Le deuxième et le dernier point que je vais aborder est la justice qui est liée à l'individu lui-même et n'a rien à voir avec la justice sociale. L'oppression envers soi-même est un thème récurrent des versets coraniques. La justice est le contraire de l'oppression.
Dans le Dua Komeyl, nous lisons :

«ظلمت نفسى»
«J'ai opprimé mon âme«.

De même dans la prière du mois de Sha'ban, nous lisons :

«قد جرت على نفسى فى النّظر لها فلها الويل ان لم تغفر لها»
«J'ai opprimé mon âme avec outrance. Si Tu ne me pardonnes pas, je serai perdu"

Commettre des péchés, faire preuve de faiblesse, suivre ses passions et s'éloigner du rappel de Dieu et oublier l'humilité devant Lui, sont des exemples d'oppression envers soi-même. C'est un domaine très important.
Nous devons réfléchir sur la justice dans les relations sociales et l'établissement de systèmes sociaux, mais nous ne devons pas ignorer la justice envers nous-mêmes. Nous devons éviter l'oppression et agir en toute justice envers nous-mêmes. La justice est le point opposé de l'oppression de notre âme.
Nous devons éviter l'injustice et nous engager dans le sentier de la justice. Si Allah le Tout-Puissant nous aide à éviter ce genre d'injustice, je suis sûr qu'Il nous aidera aussi à instaurer la justice sociale.

Que les Salutations soient sur vous et que la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions vous accompagnent !

 
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