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Imam Khomeiny

Biographie
Discours de Sayed Hassan Nasrallah sur l'Ayatollah Khamenei Version imprimable
06/06/2011

Ce qui suit est une traduction du discours prononcé par Sayed Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, dans le cadre d'un séminaire sur l'esprit innovateur de l'Ayatollah Khamenei, intitulé «l'innovation et l'Idjtihad dans l'optique du Guide suprême ».
Cette conférence qui s'est tenue à Beyrouth le 6 Juin 2011, a abordé les qualités intellectuelles et les idées religieuses de l'Ayatollah Sayed Ali Khamenei vues par plusieurs intellectuels et penseurs de différentes parties du monde de l'islam.

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Messieurs les ulémas et députés, chers frères et sœurs, je suis honoré d'ouvrir ce séminaire qui est une initiative et est organisé pour la première fois. C'est en effet la première fois qu'un séminaire scientifique et idéologique sur la pensée de l'imam Khamenei se tient hors d'Iran. Je voudrais donc commencer par remercier les organisateurs et les responsables ainsi que tous les participants, notamment ceux qui se sont donné la peine du voyage et sont venus de l'étranger.

Ma connaissance personnelle de l'imam Khamenei remonte à l'année 1986 où de multiples rencontres m'ont permis de découvrir une grande partie de ses idées, sa façon d'analyser les événements et ses méthodes d'approche et de prise de décisions, sans parler de ses innombrables qualités morales, notamment sa modestie, son amabilité, sa bonté, sa patience, sa tolérance, sa dévotion et une vie très simple.

J'ai lu la plupart de ses livres et je peux dire sans exagérer, que j'ai suivi la plupart de ses écrits, de ses discours et de ses orientations depuis qu'il est devenu le Guide de la République islamique après la mort de l'imam Khomeiny. Je dis cela pour montrer que je donne un témoignage de spécialiste ayant suivi toutes ses opinions et ses études en matière de Fiqh, dont certaines ont été enregistrées dans les ouvrages de référence, et ayant consulté de nombreux proches et des spécialistes en matière de jurisprudence, des penseurs et des personnalités politiques et culturelles. Après avoir étudié son parcours personnel, scientifique, idéologique, djihadiste et politique, je peux dire que nous sommes face à une personnalité exceptionnelle dans la direction et la gestion. C'est aussi un imam d'une extraordinaire piété et d'un immense détachement, d'un haut niveau en matière de jurisprudence et d'Ijtihad, d'un grand discernement dans différents domaines, innovateur, soucieux des grandes choses autant que des détails et doté d'une vision globale, profonde et solide basée sur les principes suivants :

1- Des fondements spirituels et pratiques solides.
2- Une connaissance des besoins et des problèmes contemporains.
3- La connaissance des capacités humaines et matérielles de l'Ummah.
4-La connaissance des solutions convenables et conformes aux principes islamiques.

C'est ainsi qu'il aborde tous les événements et les évolutions à la fois dans une vision globale et dans les détails. Il s'adapte à des interlocuteurs qui ont chacun leur propre point de vue, leur propre spécialité et leurs propres approches, connaissant leurs problèmes dont il parle comme un spécialiste et aborde constamment de nouvelles questions en fonction de la spécialité de chacun d'eux. Je donnerai quelques exemples que j'ai vus à ce sujet dans ses discours et ses interventions télévisées :

Lorsque l'Imam Khamenei rencontre des oulémas et des professeurs des écoles religieuses, il leur parle comme un expert informé sur tous les détails concernant la réalité de ces hawzas et leurs cours, propose des programmes et les moyens de les moderniser tout en restant fidèle aux bases fondamentales.
Lorsqu'il reçoit des professeurs d'université, des directeurs, des enseignants ou des étudiants, il joue le rôle d'un grand professeur universitaire et s'attarde sur la situation pédagogique de ces institutions, les difficultés auxquelles elles font face et leur avenir.
Devant les sociétés féminines, il présente sa vision du rôle de la femme, de sa position et de son statut dans la société, et de son rôle contemporain.
Dans le domaine économique, il apporte des détails islamiques. Il parle longuement de l'industrie devant un parterre d'industriels, avec les scientifiques, les spécialistes de l'environnement, les ingénieurs, les médecins, les agriculteurs, les paysans, les artistes, les poètes, les lecteurs et les mémorisateurs coraniques. Notons également sa maîtrise des questions du jour et ses connaissances profondes en matière politique et militaire. J'ai même découvert par hasard, car j'étais présent à une séance au cours de laquelle il prenait la parole, qu'il connaissait les différentes armes et leur usage, ainsi que les différentes stratégies et tactiques militaires.

En réalité, nous sommes devant une personnalité exceptionnelle que malheureusement beaucoup de gens ne connaissent pas. Nous constatons aussi combien cet imam et ce guide exceptionnel, est méconnu et injustement traité même au sein de l'Ummah islamique et plus particulièrement en Iran. Pourtant, sa capacité de diriger l'Ummah et sa perspicacité politique depuis la prise en charge de ses responsabilités à la tête de l'Ummah il y a vingt-deux ans, sont ses qualités les plus visibles. Ce guide extraordinaire est encerclé par des ennemis qui ne veulent pas laisser transparaitre ses talents, et des amis qui se conduisent de façon injuste.
Notre responsabilité est de le présenter à l'ensemble de l'Ummah pour que tout le monde puisse bénéficier de ses connaissances, de sa sagesse et de ses qualités, et pour que tout le monde connaisse ce penseur soucieux du présent et de l'avenir de l'Ummah islamique et qui se trouve dans tous les domaines, confronté à des défis qui n'existaient pas dans le passé. C'est pourquoi ce séminaire est de la plus haute importance.
Je voudrais mettre ici l'accent sur certains aspects de la personnalité du leader et son sens politique dans certaines étapes et épreuves qui montrent la profondeur et la justesse de sa vision, ainsi que sa sagesse, son courage et la solidité de ses convictions. Je me contenterai de quelques exemples faute de temps, sur certains événements au Moyen-Orient et les questions sensibles au Liban et dans la région. J'ai choisi des exemples concernant notre région et le Moyen orient. Qu'un penseur iranien fasse preuve de tant de justesse et de perspicacité dans sa présentation des événements régionaux, est une chose remarquable, d'autant plus qu'il ne participe pas directement à ces événements. Ce sont des évènements que nous avons connus les deux dernières décennies dont une simple évocation suffira pour rappeler les circonstances de chacun d'entre eux.

Je commencerai par la conférence de Madrid en 1991. Les Américains ont organisé cette conférence forts de leur victoire à la tête de l'importante coalition internationale dans le cadre de l'opération «Tempête du Désert», lors de la deuxième guerre du Golfe persique qui a modifié les équilibres politiques dans la région. Ils étaient devenus la première puissance mondiale. C'était la première fois que des délégations de tous les pays arabes (dont le Liban et la Syrie) s'asseyaient à la table des négociations pour étudier un projet de «paix globale et juste» qui ressemblait plus à un accord imposé. Un climat quasi unanime régnait dans la région sur l'imminence d'un compromis, les Américains étant déterminés à imposer leurs conditions à toutes les parties concernées. Je me souviens qu'à cette époque, l'avis de l'imam Khamenei était contraire à ce climat soi-disant unanime. Il avait alors déclaré que cette conférence n'aurait pas de résultat et n'aboutirait à aucun compromis, et que les Américains ne seraient pas en mesure d'imposer leur solution aux peuples et aux gouvernants de la région. Comme vous pourrez le constater dans tous les exemples que je vais citer, ce sera la même chose. L'imam Khamenei a un avis différent de celui de tout le monde et c'est son avis qui s'avère le plus juste. Aujourd'hui, après presque vingt ans, aucun compromis n'a eu lieu et même ceux qui ont mené ces négociations pendant de longues années, parlent de vingt ans de déceptions, de temps perdu et de désillusions dans ces "négociations pour la paix".

En 1996 aussi, suite aux évolutions survenues dans les négociations israélo-syriennes, tout le monde croyait qu'un compromis avec Israël était imminent et que les négociations avec Yitzhak Rabin étaient sur le point d'aboutir, ce dernier ayant accepté de revenir à la ligne du 4 juin 67 et se retirer de la région occupée du plateau du Golan syrien, on avait même parlé «du testament de Rabin». A cette époque, tout le monde parlait de cette solution en Syrie, en Palestine, en Jordanie, en Egypte et au Liban, et on ajoutait qu'elle était d'autant plus proche que les accords d'Oslo avaient été signés en 1993 et que les Palestiniens poursuivaient depuis, un processus de négociations.
La question de l'Egypte était donc réglée depuis l'accord de Camp David, la Jordanie avait signé l'accord de Wadi Araba (traité de paix israélo-jordanien), les groupes palestiniens avaient signé l'accord d'Oslo et il ne restait plus que le Liban et la Syrie qui était sur le point de signer à son tour, un accord avec Rabin à condition que la ligne du 4 juin soit reconnue. Il ne restait que quelques détails qui seraient vite résolues dans quelques petites négociations. À cette époque, la résistance était en progrès depuis les arrangements d'avril 1996, de nombreuses parties nous pressaient d'abandonner la résistance disant qu'il n'était plus nécessaire de verser notre sang, de tomber en martyre, de se dévouer et de se battre puisque le compromis était sur le point d'être conclu et que non seulement, la nature de notre mouvement en tant que mouvement de résistance, était révolue, mais aussi que le nom, le prestige, le discours et les programmes devaient être modifiés. A leur avis, nous devions commencer à voir ce que nous allions faire de nos armes et de nos équipements militaires.
A cette époque, toute mauvaise interprétation des évènements pouvait avoir des conséquences désastreuses, surtout pour un mouvement de résistance qui n'aurait peut-être plus pu reprendre son élan et qui à partir de 1996, ne serait plus témoin des victoires ni capable de remporter la glorieuse victoire de l'année 2000.
Face à cette unanimité au Liban, dans la région et même en Iran, la seule voix discordante fut celle de l'imam Khamenei. Lors d'une rencontre, après la présentation des développements de la région et l'unanimité sur les résultats des négociations, il nous a conseillé de poursuivre la résistance car selon lui, il n'y aurait pas d'accord entre Israël et la Syrie, ni ensuite avec le Liban.
Il nous conseillé de poursuivre notre action et de ne pas prêter attention aux hypothèses, aux suggestions et aux propositions de ceux qui nous conseillaient d'abandonner la lutte. Bien entendu, cette analyse et cette option étaient totalement contradictoires avec toutes les analyses, les informations et les démarches en cours au Liban et dans la région.
Deux ou trois semaines après cet entretien, un extrémiste sioniste (ils le sont tous d'ailleurs) a assassiné Rabin alors qu'il prononçait un discours et Shimon Pérès l'a remplacé.
A ce moment, le Hamas et le Djihad islamique avaient reçu des coups terribles au point que certains pensaient que la résistance palestinienne était devenue incapable de mener aucune autre opération. Il y a eu pourtant des opérations à Tel-Aviv et à Jérusalem qui ont secoué l'entité sioniste, ainsi que des troubles au sud du Liban. Le sommet de Charm-el-Cheikh regroupait tous les leaders du monde pour sauver Israël et condamner les résistants, notamment le Hamas, le Djihad islamique et le Hezbollah, qualifiés de groupes terroristes. De violentes menaces ont été proférées contre nous et différentes décisions ont été prises pour nous imposer des sanctions, nous priver de tout soutien financier et infliger des pressions sur les groupes qu'ils qualifiaient de terroristes. Puis vint l'attaque des « Raisins de la colère » en avril 1996, après laquelle Pérès échoua aux élections et fut remplacé par Netanyahu, ramenant les négociations au point de départ. Comment l'imam Khamenei avait-il pressenti aussi clairement ce qui allait se passer alors que tous les analystes et les dirigeants politiques de la région pensaient autrement ? C'est la deuxième preuve de sa grandeur.

La troisième preuve fut quand l'imam Khamenei a montré qu'il ne doutait pas de la victoire de la résistance. Avant 2000, il ne donnait pas de date précise et se contentait d'évoquer l'idée d'une victoire basée sur les propos de Dieu le tout Puissant :

اِن تَنصُرُوا اللَّهَ يَنصُرْكُمْ
« Si vous aidez Dieu, Il vous aidera » Coran sourate Mohammad verset 7.

C'était la première fois que j'entendais quelqu'un qui disait : « Dieu plaisante-t-il ? Sûrement pas. »
Cette résistance est en train d'aider Dieu le Tout Puissant et Il lui accordera forcément la victoire. Il avait prévu qu'après 1996, Israël serait plongé dans un bourbier et ne pourra plus avancer pour envahir le Liban, ni reculer aux territoires occupés sans condition, ni rester à sa place. Il fallait donc attendre pour voir ce que le régime sioniste allait faire mais selon lui, l'avenir dépendait de la poursuite de la résistance.
En 1999, il y eut des élections en Israël qui opposaient essentiellement Netanyahu à Ehud Barak pour le poste de Premier ministre. Tous deux avaient promis de retirer leurs troupes du Liban en cas de victoire. Ehud Barak avait même fixé une date pour ce retrait, à savoir le 7 juillet 2000.
Le climat général en Syrie et au Liban montrait qu'au moment venu, il n'exécuterait pas cette promesse et qu'Israël ne se retirerait pas des frontières des territoires occupés. Barak tentait d'obtenir du Liban ou du défunt Hafez Assad des garanties, des arrangements de sécurité ou un accord minimal. Il a demandé l'aide des Américains, des Européens et de certains autres pays. Mais il n'a rien obtenu. Nous pensions qu'à cause du refus officiel du Liban, Barak renoncerait à retirer ses troupes à la date prévue, et dirait à ses électeurs : « j'avais promis un retrait mais n'ayant obtenu aucune garantie en contrepartie, je suis dans l'obligation de reporter le retrait que je considère comme dangereux et une erreur stratégique ».
Je ne vous cache pas qu'au sein du Hezbollah et au niveau des dirigeants politiques et djihadistes, nous partagions ce point de vue comme tous les autres partis politiques du pays et de la région.
Mais au cours d'un voyage en Iran et lors d'un entretien avec l'imam Khamenei, nous lui avons exposé notre point de vue sur les évènements passés et futurs de la région, mais il nous a surpris en exposant une opinion tout à fait différente. Il nous a dit que la victoire était bien plus proche que nous le pensions et que nous verrions cela de nos propres yeux. Même les informations, les analyses et les documents en provenance de partout contredisaient cette opinion et il n'y avait aucun signe montrant qu'Israël se préparait à un retrait du sud du Liban. L'imam Khamenei nous a demandé de nous préparer à cette éventualité, au discours que nous devrions prononcer et au choix de notre comportement lorsque l'ennemi se serait retiré du sud, dès notre retour au Liban.
Nous étions partis en Iran avec une vision des choses et étions rentrés avec une opinion tout à fait différente. Nous avons suivi son conseil et nous nous sommes préparés au retrait inconditionnel d'Israël en 2000.
Le 25 mai, nous étions prêts après leur retrait, à rencontrer les habitants et les commerçants de la bande frontalière libérée.

Ce fut le même scénario au cours de la guerre des 33 jours en 2006, qui était en fait une guerre mondiale au niveau de la décision, arabe au niveau des appuis et israélienne au niveau de l'exécution. Je dis « arabe » parce que certains gouvernements arabes partageaient cette volonté de guerre dont l'objectif était l'anéantissement de la résistance. Tout le monde a vu avec quelle violence et quelle barbarie l'ennemi israélien a attaqué le Liban les premiers jours, au point que toute espoir de résistance, de victoire ou même de refuge face à une telle puissance et la complicité de tant de pays, était une pure folie, étant donné que le Liban est un petit pays et les moyens limités de la résistance contre qui le monde avait comploté et déclenché une guerre sauvage et impitoyable.
Un ami m'a alors remis un message oral de l'imam Khamenei dont je citerai quelques phrases en relation avec notre sujet aujourd'hui, pour la première fois. J'étais dans la banlieue sud et les immeubles s'effondraient autour de nous sous les bombardements israéliens. Dans ce message, l'imam nous conseillait de poursuivre la lutte, comparant cette guerre à celle de Khandagh et de Azhab qui opposaient les Koraïchites et les Juifs de Médine au Prophète et ses fidèles, qu'ils avaient encerclés. Les Koraïchites avaient décidé d'éliminer tous les croyants. L'imam Khamenei nous assurait que cette guerre était du même genre et que si nos cœurs étaient troublés

«وَبَلَغَتِ الْقُلُوبُ الْحَنَاجِرَ وَتَظُنُّونَ بِاللَّهِ الظُّنُونَا
« Quand ils vous vinrent d'en haut et d'en bas [de toutes parts], et que les regards étaient troublés, et les cœurs remontaient aux gorges, et vous faisiez sur Dieu toutes sortes de suppositions...Coran 33 : 10,

nous devions nous confier à dieu et qu'après la victoire, nous deviendrions une force que personne ne pourra affronter. Qui pouvait avoir une telle interprétation aux premiers jours de la guerre ?!
Mon avant dernier témoignage se situe en 2001 et concerne la Palestine. Après les attaques du 11 septembre, la décision des Etats-Unis d'attaquer l'Afghanistan et l'arrivée des forces maritimes et des soldats américains dans la région, avec la menace d'un envahissement de l'Irak, tout le monde était troublé et les milieux politiques croyaient que le monde était entré dans une phase américaine et que les Etats-Unis allaient régner sur le monde pour 100 ou 200 ans. Certains même comparaient les nouvelles guerres déclenchées par les Américains et l'invasion américaine aux Croisades et pensaient que cette situation durerait 100 ou 200 ans.
J'effectuais une visite en Iran à cette période. Je vous parle de ce pays et de celui qui assume la responsabilité de leader de ce pays au moment où les Américains envahissaient l'Afghanistan et se préparaient à faire de même en Irak, aux frontières de l'Iran qui était quasiment encerclé par des forces maritimes et des troupes militaires. Nous n'étions pas allés demander l'avis d'un expert stratégique ou militaire, ni d'un spécialiste politique. Je parle d'un leader qui, à la lumière de sa vision, prend une décision et opte pour une politique particulière, ce qu'il nous a dit était contraire à tout ce qu'on disait dans la région.
A cette époque, la plupart des gouvernants et des puissances politiques essayaient d'améliorer leurs relations avec les Etats-Unis et d'obtenir certains avantages par le biais de négociations. Même en Iran, certains responsables de la République islamique disaient que la situation sans précédent de la région, obligeaient à chercher une solution, à entamer des négociations et à accepter certains compromis avec les Etats-Unis.
Ces propositions ont été rejetées par l'Imam Khamenei. Je ne l'aurais pas dit s'il n'en avait pas parlé lui-même au cours d'un de ses discours pendant le mois de Ramadan. Je lui ai parlé de nos inquiétudes au sujet de la situation de la région mais il m'a répondu : « Dites aux Frères de ne pas s'inquiéter. Les Etats-Unis ont atteint le sommet de leur puissance et sont désormais en déclin. Leur intervention en Afghanistan et en Irak les conduira aux abîmes. Le déclin des Etats-Unis est amorcé ainsi que leurs projets dans la région et il est nécessaire d'agir dans cette perspective«. Ces propos étaient fondés sur des études et des documents.

Je lui ai demandé comment il en était aussi sûr alors qu'aucun indice n'allait dans ce sens.
Il a répondu : « Le fait que les Américains estiment qu'ils doivent venir eux-mêmes dans la région et qu'ils ne peuvent plus assurer la défense de leurs intérêts par l'intermédiaire de certains gouvernements inféodés, et quand ils estiment que leurs armées, leur personnel, leurs forces maritimes présents dans la région, ne leur suffisent plus et qu'ils doivent venir eux-mêmes sur place, est le signe de leur impuissance, de l'ignorance des dirigeants américains et de leur méconnaissance des populations de la région qui refuseront la domination et l'hégémonie, et appartiennent à une culture djihadiste de résistance. Les Américains vont s'enliser dans des sables mouvants dont ils ne sauront plus sortir. Il ne faut donc pas nous inquiéter de ce qui se passe mais au contraire espérer la libération de l'Ummah du joug des arrogants».

C'est là qu'on se rend compte de l'importance et du leadership de cet imam qui est encore méconnu pour beaucoup. Je voudrais rappeler ici qu'au cours de la dernière décennie, notre Ummah et notre région ont été confrontées à une guerre sans doute la plus dangereuse leur Histoire. Tous les moyens militaires, sécuritaires, financiers, médiatiques, idéologiques, psychologiques et économiques des Etats-Unis et de leurs alliés occidentaux ont été mis à contribution. Ils sont venus pour contrôler notre région, occuper nos pays, supprimer les quelques pays résistants et mettre fin à la résistance. Tout cela faisait partie du projet de l'ancien Président George W Bush, qui voulait créer un "nouveau Moyen-Orient". L'imam Khamenei était le chef de cette confrontation dans une période extrêmement difficile. Il lui a fallu beaucoup de sagesse, de perspicacité, de conviction et d'intelligence pour faire face à une telle invasion et même aujourd'hui, nous ne pouvons pas connaître parfaitement tous les aspects du rôle qu'il a joué.

J'en arrive à mon dernier témoignage qui concerne la question d'Israël.
L'imam Khamenei a dit en public et en privé qu'Israël, cette soi-disant forteresse, allait disparaitre dans un avenir proche et que les compromis n'aboutiront à aucun résultat.

Tout ce qui se passe en Palestine et dans notre région, que ce soit au niveau des négociations, des exploits de la résistance et de la récente révolte des réfugiés palestiniens montrent que ce peuple est décidé à résister. En dépit de toutes les tentatives entreprises au cours des 60 dernières années, et malgré toutes les peines et les souffrances qu'on a infligées à cette nation, elle ne s'est jamais découragée à part certains dirigeants politiques déçus. Par contre les Palestiniens, surtout les jeunes, sont déterminés à poursuivre la lutte, et ces jeunes qui n'ont pas connu la «Nikba » (l'établissement du gouvernement illégal israélien en 1948) ni la «Naksa» (la défaite de la Guerre des six Jours en juin 1967) mais l'époque des victoires, sont poussés par un grand espoir et un élan immense pour retourner sur leurs terres, soixante ans après en avoir été chassés.

Nous pouvons comprendre aisément ce que l'imam dit sur Israël si nous regardons avec recul le projet américain dans la région, les développements en faveur de la résistance, l'échec de ces soi-disant négociations et la détermination des jeunes Palestiniens, alors que les leaders historiques en Israël ont disparu et que la classe politique est affaiblie. Si nous revoyons ce qui s'est passé pendant la guerre de Gaza et celle de juillet 2006, nous pourrons dire comme l'imam Khamenei l'a fait "qu'Israël est sur le point de disparaître" dans un proche avenir, si Dieu le veut.

Je ne parlerai pas des aspects métaphysiques et surnaturels. Cette justesse dans la vision repose sur la clarté des fondements et la bonne compréhension des évènements de l'imam Khamenei, mais aussi sur son courage.
Une vision juste et une bonne compréhension des évolutions, chez un être faible et peureux, se transformeront vite pour en concessions mais ce n'est pas du tout le cas de l'imam Khamenei qui grâce à l'aide de Dieu le Tout Puissant, est à la fois un visionnaire, un chef et un Leader dont la vision dépasse « les attentes ordinaires » des politiciens, des analystes et des chercheurs.
C'est en effet la réalisation de la promesse divine à ceux qui font des efforts désintéressés dans sa voie :

وَالَّذِينَ جَاهَدُوا فِينَا لَنَهْدِيَنَّهُمْ سُبُلَنَا ۚ وَاِنَّ اللَّهَ لَمَعَ الْمُحْسِنِينَ
« Et quant à ceux qui luttent pour Notre cause, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers, Dieu est en vérité avec les bienfaisants. » Coran 29 : 69

En cette occasion, nous saluons les Palestiniens et les Syriens courageux qui se sont dirigés vers les frontières des territoires occupés, avec un message clair sur la détermination de notre peuple face au soutien américain permanent à Israël qui a dit qu'Israël avait le droit de se défendre.
En conclusion, à la séance d'ouverture de ce séminaire, je ne peux que rendre un grand hommage aux Palestiniens, en particulier aux jeunes Palestiniens et Syriens dévoués, courageux et braves, qui se sont réunis aux frontières du Golan occupé, et ont appelé à la résistance et au combat, et dont une dizaine sont tombés en martyrs et une centaine ont été gravement blessés. Ils ont affronté les soldats israéliens avec un courage inouï et ont montré que les Etats-Unis et les gouvernements occidentaux qui nous parlent des Droits de l'homme et des libertés, ne songent en fait qu'à reprendre à leur compte les révolutions arabes et à tromper jeunes. Les Etats-Unis ont même été jusqu'à qualifier les tirs israéliens contre les jeunes désarmés d'exercice du droit de légitime défense. C'est d'ailleurs ce qu'Obama et le congrès américain ont déclaré ouvertement sous les applaudissant Netanyahu et prouvant ainsi qu'ils ne songent qu'aux intérêts des sionistes. En divulguant la vérité qui se cache derrière les revendications des Usa de défense des Droits de l'homme et de respect de la dignité et de la liberté, le sang pur de ces jeunes a montré un développement de la prise de conscience politique et historique, affirmée par l'imam Khomeiny et confirmée après lui, par l'imam Khamenei.

Ce que j'ai dit au sujet de l'imam n'est qu'une petite facette de sa riche personnalité et de ce que nous savons de lui. Quand nous parlons d'un Guide suprême sage, courageux, directeur et perspicace, nous nous fondons sur ces témoignages qui sont d'ailleurs minimes par rapport à ce qui ne peut pas encore être expliqué.

Je souhaite que votre conférence permette aux ulémas, aux experts, aux penseurs et aux responsables culturels de s'acquitter de leur devoir dans le présentation des caractéristiques et des leaders de l'Ummah islamique.

 
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