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Imam Khomeiny

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Discours à la première réunion sur les stratégies du modèle islamique et iranien de progrès Version imprimable
01/12/2010

Ce qui suit est le texte intégral du discours prononcé le 1e Décembre 2010 par l'Ayatollah Khamenei, Guide suprême de la Révolution islamique, lors d'une réunion avec un groupe d'intellectuels et d'universitaires de Téhéran.

Au nom d'Allah, le tout Miséricordieux, le très Miséricordieux

La réunion était organisée pour discuter sur les divers aspects de l'élaboration d'un « modèle islamique-iranien de progrès ».
La réunion de ce soir a été très bonne et j'ai vraiment profité à la fois des commentaires qui ont été faits et encore plus des capacités des chercheurs et des intellectuels de notre pays qui ont relevé et mis en relief des questions, et donné des précisions sur les différents éléments de cette question complexe et multidimensionnelle.
Ce soir j'ai été témoin de ces capacités. Je suis vraiment reconnaissant à la fois à vous chers auditeurs qui avez assisté à cette longue réunion et à ceux qui l'ont organisée, M. Vaez-zadeh, et ceux qui ont collaboré avec lui.
Faute de temps, je n'entrerai pas dans les détails. Je parlerai brièvement.
[M. Vaez-zadeh demande au Guide suprême de faire un discours détaillé.] Inshallah, il nous restera du temps pour des commentaires détaillés. Cette réunion est la première en son genre dans la République islamique.
De nombreuses réunions ont été tenues jusqu'à aujourd'hui auxquelles j'ai assisté ou dont j'ai été informé, mais nous n'avons jamais eu de réunion de ce genre. L'objectif principal de cette réunion ou plus précisément, de cette série de réunions, car nous espérons qu'elles se poursuivront dans l'avenir, est de faire participer nos intellectuels aux questions nationales de grande envergure. Dans le pays, il y a un certain nombre de questions essentielles qui doivent être abordées. D'énormes capacités peuvent être mises au service de ce grand mouvement mais il sera impossible d'atteindre ce but sans la participation de nos intellectuels et de nos universitaires. Cela doit être fait et par la grâce d'Allah, cela sera fait. La question de l'élaboration d'un modèle islamique et iranien de progrès est une de ces questions qui représente bien sûr des dizaines d'autres questions dont je parlerai plus tard. Ces réunions continueront et nous aborderont à côté de cette question, d'autres questions à grande échelle qui doivent être soulevées.
Le deuxième objectif de cette réunion est de créer une culture et un discours en premier lieu chez nos intellectuels et ensuite dans la société. Les commentaires que vous avez apportés à cette réunion orienteront l'esprit de nos intellectuels et par la suite l'esprit des citoyens ordinaires dans une direction particulière, au moment où ils seront diffusés dans la société. Cela nous poussera à réfléchir sur les différents modèles de progrès et de mouvement, à ressentir que nous devons réfléchir de façon indépendante et à détecter les failles qui apparaissent lorsqu'on s'appuie sur des modèles étrangers. Aujourd'hui, c'est une de nos priorités. Malheureusement, nos intellectuels n'ont pas encore atteint un résultat correct et approprié dans certains aspects importants de cette question. Cela doit être fait et le sera par la grâce d'Allah.
Le troisième objectif est la nécessité de développer les infrastructures pour la gestion du pays dans les prochaines décennies. Cette réunion et des réunions analogues sont organisées pour la prévision de ces infrastructures. Ce sont les buts que nous poursuivons dans cette réunion et dans les réunions similaires que nous aurons dans l'avenir, Inshallah.
Le travail n'est donc pas limité à certains individus ou responsables gouvernementaux. La responsabilité ne se limite pas à moi seul. Nous avons tous une responsabilité à assumer dans le travail qui est fait. Chacun de nous est responsable en fonction de ses capacités, de ses compétences et de son pouvoir, et nous espérons poursuivre notre mission au mieux. C'est un point que je voulais faire remarquer.
Le point suivant est que le travail que nous faisons ne sera pas réalisé à court terme. Je me suis engagé dans cette question en gardant ce point à l'esprit. Bien sûr, certains intervenants ont présenté des plans et des suggestions pour des résultats à court terme et cela ne cause aucun problème. Mais l'objectif que j'ai à l'esprit est un objectif à long terme ou à moyen terme, au mieux.
Il s'agit plutôt d'un objectif à long terme. Si dans un temps raisonnable, nous parvenons par la grâce d'Allah, à un modèle islamique-iranien de progrès, le modèle obtenu sera un document de référence pour l'ensemble des programmes qui définissent les plans et les politiques nationales.
C'est-à-dire que même nos plans stratégiques de 20 et de 10 ans qui seront élaborés dans l'avenir, doivent être établis sur la base de ce modèle islamique-iranien de progrès. Les politiques de base et les politiques nationales à grande échelle, devront toutes être fondées sur ce modèle et formulées de manière à y être adaptées. Bien entendu, il ne s'agit pas d'un modèle rigide et inflexible. Tout ce qui sera formulé ne sera pas incontestable. Les nouvelles conditions exigeront des changements nécessaires. Il s'agira donc d'un modèle souple dont les objectifs seront précis mais dont les stratégies pour atteindre ces objectifs pourront être modifiées ou réformées pour s'adapter aux nouvelles conditions. Cette démarche nous permettra d'éviter toute précipitation. Bien entendu, la vitesse doit être raisonnable mais nous éviterons toute précipitation et Inshallah, nous avanceront à une vitesse correcte et appropriée.
Nos amis ont eu de bonnes discussions sur les éléments fondamentaux du modèle islamique-iranien de progrès, sur le terme «islamique», ce qu'on entend par «iranien», ce qu'on entend par «modèle» et sur les aspects du «progrès» dont il est question. J'ajouterai que nous avons choisi le mot «progrès» avec soin et volontairement évité le mot «développement». La raison est que le mot «développement» est un terme chargé de certaines connotations que nous n'acceptons pas forcément et auxquelles nous sommes parfois opposés. Nous ne voulons pas d'un terme international dont les gens ont une certaine compréhension, et l'utiliser dans le cadre de notre propre travail. Nous utiliserons le terme qui convient le mieux dans notre esprit à savoir le terme «progrès» que je vais définir et dont la signification est claire en persan.
Le rejet des mots empruntés est une chose dont nous avons été témoins dans d'autres cas, dans le discours révolutionnaire. Nous n'avons pas utilisé le terme "impérialisme" mais le terme "arrogance" car le terme "impérialisme" avait certaines connotations que nous n'envisagions pas. Notre attention était attirée plutôt par les sens véhiculés par le terme "arrogance" que nous avons proposé et qui est devenu courant dans le discours de la Révolution. Le monde entier sait ce que nous entendons par ce terme et il en est de même pour d'autres notions.
Nous avons une idée claire du terme progrès que j'utiliserai et que je vais expliquer. En ce qui concerne l'aspect iranien du modèle, nos amis ont souligné à juste titre, que les conditions historiques, géographiques, culturelles, climatiques et géopolitiques influencent la formulation de ce modèle. Il a également été souligné que les concepteurs devaient être des intellectuels iraniens et cela est tout à fait approprié. Nous ne voulons pas emprunter de modèles à d'autres pays. Nous voulons préciser un cadre que nous considérons comme nécessaire et conforme à nos intérêts nationaux, et que nous pourrons utiliser pour définir notre avenir. Par conséquent, ce modèle est iranien et islamique en même temps, car les objectifs, les valeurs et les méthodes seront tous inspirés de l'islam. L'accent doit être mis sur les concepts et les enseignements islamiques. Nous vivons dans une société islamique dirigée par un gouvernement islamique, et nous sommes fiers de pouvoir utiliser les sources islamiques.
Heureusement, nous avons accès aux sources islamiques, au saint Coran, à la Sunna et aux concepts riches et importants de notre philosophie, de notre logique, de notre jurisprudence et de notre Droit. C'est la raison du choix du mot «islamique».
Le mot «modèle» désigne un plan global. Quand nous disons "modèle islamique-iranien", nous entendons un plan global. Sans plan global, nous tomberons dans la confusion des mouvements et des virages parfois inconsidérés et irréfléchis que nous avons connus ces trente dernières années. Nous avons fait des choix parfois contradictoires dans les domaines culturels et économiques, et d'autres domaines. Cette situation s'explique par l'absence de plan global. Ce «modèle» est un plan global qui nous montre dans quelle direction nous nous dirigeons et quel est l'objectif que nous poursuivons. Naturellement, comme les chers amis l'ont fait remarquer, il faut définir la situation que nous cherchons et les moyens d'y parvenir. Sans aucun doute, de nombreuses questions se poseront. Il est nécessaire d'être conscient de ces questions. L'un de ces messieurs a dit qu'il y avait quatre mille questions. C'est très bien. Ces questions doivent être identifiées. Ce mouvement doit être lancé au sein de nos élites. Les questions doivent être posées et les réponses doivent y être apportées. Ce mouvement est cependant un mouvement à long terme.
Bien entendu, les termes "islamique" ou "iranien" ne signifient pas le rejet des réalisations faites par autrui. Pour acquérir ce savoir-faire, nous ne reconnaissons aucune limite. Nous chercherons la science, la compréhension et les expériences appropriées où elles se trouvent mais nous n'emprunterons pas n'importe quoi sans l'examiner. Nous utiliserons tous les savoirs qui nous sont utiles et qui existent dans le monde.
Des questions ont été soulevées à cette réunion et des réponses ont été apportées que je ne répéterai donc pas. De bons commentaires ont été avancés, qu'il n'est pas nécessaire que je répète. Bien entendu, j'étais personnellement au courant des travaux qui ont été effectués jusqu'à présent. De très bons points ont été abordés durant cette rencontre. Certaines se demandent pourquoi se lancer maintenant dans ces travaux et quand ils en reconnaissent la nécessité, se demandent pourquoi rien n'a été fait jusqu'ici et pourquoi le faire maintenant. Le retard n'est pas très long. Trente ans ne représentent pas beaucoup de temps pour un processus qui aboutira à la formulation d'un tel modèle. Les savoirs et les expériences s'accumulent, et les conditions politiques nécessitent des choses différentes. Nous arriverons sans doute à des points qui sont restés inconnus et que nous définirons, Inshallah.
Je crois que le pays dispose de bonnes capacités à ce stade. Certains ont souligné que nous n'avions pas les capacités intellectuelles nécessaires pour formuler un tel modèle. Cela est inacceptable à mon avis. Le pays a de grandes capacités pour autant que je sache, et de très bonnes aptitudes qui se sont déjà révélées dans les milieux universitaires, au centre islamique de Qom et dans d'autres centres. Il y a aussi des possibilités et des capacités qui peuvent être activées pour la réalisation de ce projet. Si nous n'entamons pas ce processus et n'en assurerons pas le suivi aujourd'hui, nous prendrons certainement du retard et en pâtirons dans l'avenir. Il est donc nécessaire de poursuivre le mouvement de la manière qui a été conçue.
J'ajouterai que nous devons déterminer les domaines dans lesquels ce progrès doit avoir lieu. Il y a quatre domaines principaux. Le domaine de la vie quotidienne est l'un d'entre eux et comprend la justice, la sécurité, le gouvernement, le bien-être et d'autres aspects de ce genre. Le progrès doit commencer dans le domaine intellectuel. Nous devons faire avancer la société dans le domaine de la pensée. C'est une leçon coranique. Il suffit de voir combien de fois les mots «penser», «raisonner» et « réfléchir » ont été utilisés dans le saint Coran. Le bouillonnement idéologique et intellectuel doit devenir tangible dans notre société. Bien entendu, cela commencera au sein de nos élites pour se répandre ensuite dans toute la société. Bien sûr, cela exige certaines stratégies. Le système d'éducation et les médias sont des outils qu'il est nécessaire d'inclure et de prendre en considération dans notre planification.
La science est le deuxième domaine qui n'est pas moins important que le premier et dans lequel nous devons faire des progrès. La science est elle-même le produit de la pensée. À l'heure actuelle, il est nécessaire d'utiliser toutes nos capacités pour avancer dans le domaine intellectuel. Heureusement, ce mouvement de production, de progrès et d'indépendance scientifiques a été lancé dans le pays il y a plusieurs années. C'est dans la nature de la science de se manifester tout de suite sous forme de technologies ou d'autres acquisitions semblables. Dans de nombreux cas, contrairement à l'objet de notre discussion, le produit d'un mouvement scientifique n'est pas un produit à long terme. Ses résultats sont plus proches et plus accessibles. Le travail scientifique doit être profond et fondamental. C'est un autre domaine du progrès.
Le troisième domaine est celui de la vie quotidienne dont j'ai déjà parlé. Toutes les choses qui sont essentielles à la vie d'une société font partie de cette catégorie comme la sécurité, la justice, le bien-être, l'indépendance, la dignité nationale, la liberté, la coopération et le mode de gouvernement. Ce sont les différents domaines dans lesquels des progrès doivent être faits et dont il faut s'occuper.
Le progrès dans le domaine spirituel est le quatrième domaine, le plus important et en quelque sorte, l'âme des autres domaines. Nous devons formuler le modèle de manière à ce que les résultats obtenus aident la société iranienne à avancer vers plus de spiritualité. Bien entendu, cette nécessité est évidente pour moi et peut être pour beaucoup de nos chers auditeurs. Toutefois, il doit être clair pour tous que la spiritualité n'est pas du tout en contradiction avec la science, la politique, la liberté et les autres domaines de la vie humaine.
La spiritualité est l'âme de toutes ces choses. Il est possible de conquérir les sommets de la science en développant en même temps la spiritualité. C'est alors que le monde deviendra humain et approprié à la vie humaine. Le monde moderne est actuellement régi par la loi de la jungle. Par contre, un monde où la science, la civilisation et la richesse sont accompagnées par la spiritualité sera un monde humain. Bien sûr, l'exemple parfait de ce monde sera visible après la réapparition de l'Imam du Temps (Que notre âme lui soit sacrifiée) qui marquera, je vous le dis, le début de la véritable vie de l'humanité. Aujourd'hui, nous en sommes encore aux premiers stades de la vie humaine comme des gens qui avancent à travers des montagnes, des collines et des routes difficiles pour atteindre la route principale et aller vers des objectifs transcendants. Au cours des milliers d'années de sa vie, l'humanité a avancé dans ces chemins difficiles pour atteindre la route principale. Quand elle atteindra la route principale après la réapparition de l'Imam du Temps, le véritable mouvement de l'humanité commencera de façon rapide, et sera un mouvement rempli de succès et facile. Le chemin difficile est le principal obstacle, une fois sur la grande route, il n'y aura plus de confusion.
Ce sont les quatre domaines de progrès dans lesquels nous devons avancer Inshallah, en tenant compte du modèle que vous recherchez, dont la méthode à suivre est pratiquement claire pour tous et dont je parlerai.
En ce qui concerne l'aspect islamique du modèle, nos amis ont fait de très bonnes remarques. La première question dont il faut tenir compte est le point de départ de la création et le monothéisme.

«انّا للَّه و انّا اليه راجعون»
« A Allah nous appartenons et vers Lui nous retournerons» Coran 2: 156

Le problème le plus important du monde moderne dont l'Occident est l'exemple le plus remarquable est qu'il s'est éloigné de Dieu, de la foi et de la nécessité de la foi. Bien entendu, les gens peuvent avoir foi en Dieu en apparence mais sans ressentir aucune obligation. Si la question du point de départ est résolue, de nombreuses autres questions seront aussi résolues.

«يسبّح له ما فى السّماوات و الأرض»
« Tout ce qui existe dans les cieux et la terre Le glorifie» Coran 59: 24

Et

«و للَّه جنود السّماوات و الأرض و كان اللَّه عزيزا حكيما»
« Car à Allah appartiennent les armées des cieux et de la terre, et Allah est certes Puissant et Sage» Coran 48: 7

Quand les gens croiront à cette réalité, la gloire divine et le monothéisme leur fourniront une source énorme et inépuisable d'énergie.

«هو اللَّه الّذى لا اله الّا هو الملك القدّوس السّلام المؤمن المهيمن العزيز الجبّار المتكبّر سبحان اللَّه عمّا يشركون»
« C'est Lui, Dieu. Nulle divinité que Lui, le Souverain, le Pur, L'Apaisant, Le Rassurant, le Prédominant, le Tout Puissant, le Contraignant, le Fier. Gloire à Dieu ! Il transcende ce qu'ils Lui associent» Coran 59: 23

Une fois que les gens croiront au monothéisme de cette manière et réussiront à mettre cette croyance en pratique dans leur vie, le problème essentiel de l'humanité sera résolu.
La deuxième question qui est d'ailleurs la question essentielle, est le jour de la résurrection et du Jugement divin, et le fait que la mort n'est pas la fin de tout. Le fait qu'il y ait une résurrection et un Jugement ultime est très important.

«فمن يعمل مثقال ذرّة خيرا يره»
« Quiconque fait un bien fût-ce du poids d'un atome, le verra, et quiconque fait un mal fût-ce du poids d'un atome, le verra» Coran 99 : 7-8

Une nation qui partage cette croyance et intègre ces versets coraniques dans ses programmes, sera témoin d'un changement essentiel. La croyance au fait que nos actions auront un effet au-delà de la vie matérielle, donne un sens logique au dévouement et au djihad.
La question du djihad est un des plus grands outils utilisés par les religions et est particulièrement saillante dans l'islam. Le Djihad doit être accompagné de dévouement sinon il ne sera pas reconnu comme un véritable djihad. Le dévouement est une chose illogique dans la pensée matérialiste.
La question : «Pourquoi devrais-je me sacrifier ?" persiste de façon permanente. Seule la foi au Jour du Jugement dernier y répond de façon logique et raisonnable. Lorsque nous croyons qu'aucune de nos actions ne passent inaperçues, que toutes nos actions sont enregistrées et que nous les verrons dans notre "vie réelle" dans l'au-delà, nous n'éprouvons aucun regret si nous perdons quelque chose afin de remplir une obligation même s'il s'agit de notre vie, de nos enfants et de nos proches.

«انّ الدّار الأخرة لهى الحيوان»
«Cette vie d'ici-bas n'est qu'amusement et jeu. [La Demeure de l'au- delà est assurément la vraie vie]» Coran 29: 64

Ces concepts doivent être inclus dans le modèle de progrès et avoir un sens dans la notion de progrès que choisit une société. Par conséquent, le principal problème est la question du monothéisme et du jour de la rétribution.
Le point prochain consiste à ne pas concevoir séparément le monde d'ici-bas et le monde de l'au-delà. «Le monde est le champ de l'au-delà»
Je pense que certains de nos amis ont également mentionné ce point qui est très important. Le monde d'ici-bas et celui de l'au-delà ne sont pas séparés l'un de l'autre. Ce sont les deux faces d'une même pièce.

«و انّ جهنّم لمحيطة بالكافرين»
« Et en effet, l'enfer entoure les mécréants» Coran 9: 49

Les mécréants vivent déjà dans l'enfer sans s'en rendre compte. Ils s'en rendront compte lorsque l'enfer leur apparaîtra sous sa forme matérielle. Ils ne sont pas conscients de leur état et nous n'arrivons pas non plus à le concevoir parce que nos yeux sont bandés. Quand nous nous réveillerons nous pourrons voir leur véritable statut. C'est ainsi que se traduit la liaison étroite entre le monde d'ici-bas et celui de l'au-delà. Il n'est pas juste de considérer le monde comme une loterie. Ce n'est pas le cas. Le monde d'ici-bas et celui de l'au-delà sont les deux faces d'une même pièce.
Le point suivant concerne la vision de l'islam sur l'homme et sa centralité dans la création. Cette question a un sens très large en Islam. Il est clair que la vision islamique de l'homme est différente de la conception matérialiste de la philosophie occidentale, du positivisme du XIXème siècle et d'autres écoles de pensée similaires. La conception islamique est une chose et la conception occidentale en est une autre. Les deux parties définissent l'homme de manière complètement différente. Par conséquent, le principe de la centralité de l'homme dans l'Islam est complètement différent de ce que nous trouvons dans les écoles matérialistes. La Justice, la sécurité, le bien-être, la dévotion et toutes ces choses sont censées nous apporter le salut. La question du salut est une question personnelle mais cela ne signifie pas que nous devions ignorer les autres et ne rien faire pour eux.

«من احياها فكأنّما احيا النّاس جميعا»
«Et celui qui sauve la vie d'une personne, c'est comme s'il a sauvé la vie de tous les hommes" Coran 5: 32

Un hadith précise que quelqu'un demanda à un Imam ce que signifiait ce verset coranique. Il répondit que l'interprétation la plus probable est qu'il fallait guider les gens dans le droit chemin. C'est une obligation que tout le monde doit respecter. Toutefois, dans la perspective islamique, la priorité est le salut qui réside dans l'accomplissement de nos obligations. Les responsabilités sociales bien sûr, comme la justice, la lutte contre l'oppression, l'établissement d'un gouvernement juste et la lutte contre la corruption sont les étapes préliminaires vers le salut. Par conséquent c'est l'objectif le plus important et tout le reste n'est qu'un ensemble d'étapes préliminaires. La création d'une communauté islamique est une étape préliminaire ainsi que l'instauration de la justice.

«ليقوم النّاس بالقسط»
« Afin que les gens établissent la justice » Coran 57: 25

Ceci a été mentionné dans le Coran comme l'objectif des prophètes divins. Sans aucun doute, la justice est un des objectifs mais c'est un objectif à moyen terme. Le but ultime est le salut de l'humanité et ceci doit être pris en considération.
L'être humain a des obligations à remplir, jouit d'un libre arbitre et est confronté à un choix face à la direction divine.

«أ لم نجعل له عينين. و لسانا و شفتين. و هديناه النّجدين»
« Ne lui avons-Nous pas donné deux yeux et une langue et deux lèvres, et ne lui avons-Nous pas montré les deux voies ?» Coran 90: 8-10

L'homme est libre de choisir entre la guidée et l'erreur. L'homme a des engagements envers lui-même, sa société et ceux qui l'entourent. Dans cette perspective, la démocratie n'est pas seulement un droit civique mais une obligation. Tous les gens doivent jouer un rôle dans la gestion de leur société. Il n'est pas acceptable de dire, "Cela ne me regarde pas." Non, la santé d'un pays et de son gouvernement concerne tous les gens qui vivent dans ce pays. Les gens doivent remplir leur rôle. C'est un des éléments essentiels qui doivent être pris en considération dans une perspective islamique, et être respectés dans le modèle à concevoir.
Le gouvernement est le point suivant. L'Islam a également des visions particulières à cet égard. D'un point de vue islamique, les qualifications individuelles sont une condition essentielle quand il s'agit du gouvernement. Toute personne qui veut s'impliquer dans les affaires de gestion gouvernementale doit se mettre au niveau ou se considérer comme capable de remplir cette tache avant de l'accepter. Sinon, son implication est illégale d'un point de vue religieux. L'humilité, la mesure et l'altruisme sont importantes pour un gouvernement. Dieu dit au sujet du pharaon :

«كان عاليا من المسرفين»
« Sûrement, il était arrogant (et) outrancier » Coran 44: 31

Le problème du Pharaon était son arrogance. Par conséquent, pour un gouvernement, être arrogant est un point négatif. Un gouvernement n'a pas le droit de se comporter de manière arrogante. Si quelqu'un est arrogant de nature, il n'a pas le droit d'accepter le pouvoir et les gens n'ont pas le droit non plus de l'accepter comme dirigeant.
Une personne égoïste veut tout pour elle-même. L'égoïsme est contraire au dévouement qui signifie se priver de tout pour le bien des autres, alors que l'égoïsme signifie priver les autres de tout au profit de soi-même. L'arrogance et l'égoïsme sont des caractéristiques négatives dans un gouvernement.
Parlant de la dynastie des Omeyyades, le Commandeur des Croyants, l'Imam Ali (AS), dit dans le Nahjol Balaghah :

«يأخذون مال اللَّه دولا و عباد اللَّه خولا و دين اللَّه دخلا بينهم»

La raison pour laquelle ils n'étaient pas qualifiés pour gouverner est que les richesses publiques qui appartiennent au peuple, passaient continuellement entre leurs mains, qu'ils considéraient les gens comme leurs sujets et les exploitaient, et qu'ils manipulaient la religion de Dieu selon leurs désirs.
Par conséquent, nous voyons que l'islam a un point de vue précis sur le gouvernement. Cela doit être compris et observé dans notre modèle de vie à long terme.
Vous avez eu de bonnes discussions en ce qui concerne la question économique.

«كى لا يكون دولة بين الأغنياء منكم»
«Afin que la richesse ne circule pas parmi les seuls riches d'entre vous.» Coran 59: 7

Ceci est un critère important. La question de la justice est très importante. La justice doit assurément être une des bases principales de ce modèle. En fait, la justice est le critère pour juger si un gouvernement est juste ou non. D'un point de vue islamique, l'absence de justice remet en question la légitimité d'un gouvernement.
La question suivante est la nécessité d'une vision non-matérialiste de l'économie. Bon nombre de problèmes auxquels le monde est actuellement confronté sont dus à une conception matérialiste de l'économie, des questions financières et de la richesse.
Tous les points que nos chers amis ont mentionnés sur la corruption de l'Occident et ses problèmes, l'exploitation et le colonialisme viennent d'une vision matérialiste de la richesse et de l'argent. Il est possible de rectifier ce point de vue. L'Islam accorde de l'importance à la richesse et à la production de richesses mais dans une vision divine et spirituelle. Dans cette vision, la richesse ne doit pas être à l'origine de la corruption, de la domination et du gaspillage. La richesse doit être utilisée au profit de la société. Il existe de nombreuses autres questions à ce sujet dont il faut tenir compte.
Il y a effectivement beaucoup de questions à débattre. Je ne m'étendrai pas sur ces questions car le temps nous manque et il n'est pas nécessaire de les aborder dans cette réunion. Si Dieu nous accorde la vie, nous avons beaucoup de temps pour de telles discussions.
J'ai dit que nous n'étions qu'au début du chemin. La réunion de ce soir est un début et doit être poursuivie. Des dizaines de réunions et de conférences sur le modèle islamique-iranien de progrès seront peut-être nécessaires. Il sera peut être nécessaire de former des dizaines d'équipes scientifiques dans nos universités. Les centaines d'intellectuels et les membres des élites scientifiques qui ne sont pas intéressés par le travail de groupe peuvent travailler chez eux de façon individuelle. Il faut profiter de leur contribution. Il faut créer des réseaux intellectuels et utiliser les universités et les centres islamiques pour conduire cette question inshallah, à un résultat favorable.
Le rapport du docteur Davoudi était un très bon rapport. J'étais plus ou moins au courant des points qu'il a mentionnés dans ce rapport mais je n'avais pas des informations aussi détaillées. Les points qu'il a mentionnés sont en effet très utiles et pas du tout contradictoires. L'élaboration de ce modèle n'est pas le travail d'une organisation particulière. Elle nécessite la collaboration de toutes les capacités intellectuelles du pays. Comme je l'ai dit, ce modèle n'est pas un projet à court terme avec des résultats à court terme. Il s'agit d'une entreprise à long terme qui doit se réaliser au fur et à mesure, et nous ne sommes pas pressés mais nous allons avancer. Ce n'est pas un projet qui doit être ratifié par des parlements ou des administrations. Comme je l'ai dit, ce modèle sera une référence pour tous les autres documents stratégiques du pays et exige plusieurs étapes avant d'atteindre le niveau de cohérence nécessaire. Les différentes idées doivent être discutées pour atteindre un stade favorable.
Il est également nécessaire qu'un centre soit fondé pour le suivi de cette question. Inshallah, ce centre sera créé mais il est nécessaire qu'il n'ait pas le contrôle exclusif de ce mouvement. Nous ne lui demandons pas de tout faire. Son rôle est plutôt de superviser ce grand mouvement des élites intellectuelles de notre pays. Nous exigeons de lui qu'il surveille les activités et fournisse les aides nécessaires. Le centre ne doit pas contrecarrer les activités. Bien sûr, comme je l'ai dit, il est nécessaire que nous établissions une institution générale et par la grâce d'Allah, nous le ferons. Par conséquent, la réunion de ce soir ne marque pas la fin du travail car il ne s'agit pas d'une question qui peut être discutée et réglée en une seule réunion.
Par la grâce d'Allah, les discussions vont se poursuivre avec différents groupes. Il y a de nombreuses figures et personnalités qui doivent être impliquées. Comme le docteur Vaez-zadeh l'a conseillé, ceux qui ont des idées doivent agir et présenter leurs idées dans le débat. Quelques-uns des points qui ont été mentionnés lors de cette réunion méritent un examen attentif.
Des équipes intellectuelle doivent être formées pour discuter, analyser et argumenter les avis pour ou contre cette question, à la manière des étudiants en sciences islamiques, afin que nous puissions obtenir des résultats souhaité.

 
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