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Discours lors d'une réunion avec les religieux chiites et sunnites de la Province de Kermânchâh Version imprimable
12/10/2011

Ce qui suit est le texte intégral d'un discours prononcé le 12 Octobre 2011 par l'Ayatollah Khamenei, Guide suprême de la Révolution islamique, lors d'une réunion avec les religieux chiites et sunnites de la province de Kermânchâh (ouest de l'Iran).

Au nom d'Allah le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux

Toutes les louanges reviennent à Allah le Seigneur des Mondes, et que la paix et le salut soient sur notre maître et prophète, Ab-al-Qassem Al-Mustafa Mohammad et ses descendants immaculés, en particulier celui qui représente le trésor de Dieu sur terre.

Allah l'Omniscient, dit dans Son Livre: « Ceux qui communiquent les messages de Dieu, Le craignant, et ne redoutaient nul autre que Dieu. Et Dieu suffit pour tenir le compte de tout » [Coran, 33: 39].

Les rencontres avec nos honorables savants et érudits religieux qui servent dans différentes provinces et les jeunes étudiants en sciences religieuses qui sont comme des jeunes arbres en bourgeons, sont celles que je préfère au cours de mes voyages. Heureusement, ce soir, de chers séminaristes et érudits religieux, chiites et sunnites, sont présents à cette réunion qui est une réunion très agréable et très utile pour moi, et l'occasion d'une grande jouissance spirituelle.

Je voudrais faire quelques remarques au cours de cette réunion mais avant cela, il me semble nécessaire de commémorer le grand homme, érudit et pieux, qui a passé sa vie dans cette province sur l'ordre du défunt Ayatollah Borujerdi et dont les services ont été récompensés par le martyre, l'Ayatollah Ashrafi, ce grand savant religieux qui est tombé en martyr lors de l'accomplissement de la prière, et dont l'anniversaire de son martyre sera célébré dans quelques jours.

J'ai eu l'occasion de le rencontrer à plusieurs reprises à son domicile à Kermânchâh, où nous avons échangé certains points de vue. Je l'avais rencontré précédemment dans une réunion qui avait été organisée pour les dirigeants de la prière du vendredi de la province de Kermânchâh à Islamabad, à laquelle avait également assisté le martyr Sadughi de Yazd ainsi que d'autres figures éminentes. La réunion des imams de la prière du vendredi de la province de Kermânchâh avait été organisée alors que l'ennemi bombardait la ville. J'avais également assisté à la réunion et rencontré ce grand homme à plusieurs reprises avant la réunion. C'était un savant religieux véritablement actif. Il ne s'est pas contenté de promouvoir verbalement l'islam mais s'est engagé dans des actions. Son humilité, sa piété, son désintérêt vis-à-vis des aspects superficiels de la vie, faisaient partie de ses grandes qualités. C'était un grand homme et Allah le Tout-Puissant, l'a récompensé. À la fin de sa vie relativement longue, Allah le Tout-Puissant, lui a offert la joie du martyre au lieu d'une mort naturelle. J'ai dit à plusieurs reprises que le martyre est la mort des commerçants et un genre de mort très rentable. Après tout, nous allons tous mourir un jour : «Toute âme doit goûter la mort » [Coran, 3: 185]. Si vous êtes assez chanceux, vous pouvez échanger cette mort inéluctable contre le martyre pour la cause de Dieu. Mon Dieu ! Nous attendons avec impatience cette occasion. « Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes » [Coran, 9: 111]. Dieu achète la vie des croyants. C'est une grande opportunité qui a été octroyée à cet homme distingué.

Mon cher vieil ami, le regretté Hadj Agha Baha-e-Din Mohammadi Araghi, faisait partie des bienheureux de cette province qui ont eu cette opportunité. C'était un des meilleurs disciples de l'imam Khomeiny et un de mes amis à Qom. Que Dieu leur accorde Sa miséricorde et Ses bénédictions.

Je tiens également à évoquer notre magnanime érudit, modeste, aimable et chaleureux, le défunt Hajj Agha Mojtaba Hajj Akhund, qui était un de mes vieux amis à l'école Hojjatiyyeh de Qom. Il était pieux, convivial, honnête et sincère. Que Dieu lui accorde Sa miséricorde et Ses bénédictions.

Il convient également que nous rendions hommage à la mémoire du regretté M. Nojumi, cet érudit religieux qui était aussi un grand artiste. Après la Révolution et avant mes mandats présidentiels, je l'ai rencontré à son domicile lors d'un voyage à Kermânchâh et j'ai eu l'occasion de voir de près ses œuvres artistiques de calligraphie. Plus tard, après le décès de l'Imam Khomeiny, il m'a envoyé une de ses œuvres. Je lui avais demandé d'écrire un hadith sur un papier que je puisse mettre sur le mur. Il s'agissait d'un hadith qui dit : «Celui qui se considère comme le chef de file d'un groupe devrait se former avant de former les autres ». Nous ne devons pas oublier ce devoir d'initiation. Il a écrit ce hadith avec sa belle écriture que j'ai encadré et accroché au mur de ma chambre : «Celui qui se considère comme le chef de file d'un groupe devrait se former avant de former les autres ». Si nous prêtons attention à cette initiation, il nous sera plus facile d'éduquer les autres et c'est une des difficultés de notre travail.

Chers amis, chers frères, mes chers enfants, chers jeunes, chers étudiants, si vous voulez avoir une influence sur votre entourage, si vous voulez émaner une spiritualité et comme une rivière, étancher la soif de ceux qui ont soif de spiritualité, c'est ainsi que vous devez agir. Formez-vous avant de former les autres. Selon ce saint verset qui a été récité au début de cette réunion, « Parmi Ses serviteurs, seuls les savants craignent Dieu » [Coran, 35: 28]. La crainte de Dieu est une caractéristique des savants et des pieux. Les oulémas ont de nombreuses qualités mais ce verset fait uniquement référence à la crainte de Dieu. Après avoir mentionné les signes divins qui existent partout, Dieu dit: « Parmi Ses serviteurs, seuls les savants craignent Dieu ».

La caractéristique de la connaissance est qu'elle mène à cette grande bénédiction qu'est la crainte de Dieu dans les cœurs de ceux qui la possèdent. Nous avons besoin d'acquérir des connaissances. Par rapport aux personnes de mon âge, il est plus facile pour vous, chers jeunes, de développer la crainte de Dieu dans vos cœurs. Quand vous aurez atteint mon âge, les choses deviendront difficiles à moins que vous n'en ayez pris soin dans la jeunesse. Essayez de susciter cette crainte de Dieu dans vos cœurs quand vous êtes jeunes. Familiarisez-vous avec cette crainte et les supplications, quand vous êtes jeunes. Commencez à partir d'aujourd'hui, les prières recommandées et non obligatoires qui rapprochent les gens de Dieu. Ces choses vous seront utiles. Votre vie se terminera un jour. La différence est que certaines personnes atteignent un âge avancé mais l'écart entre 20, 30 ou 70 ans n'est pas grand. Le temps passe vite. Quand les gens ont vingt ans, ils pensent qu'ils leur reste beaucoup de temps avant d'atteindre les soixante-dix ans. Non, le temps passe très vite et bientôt il sera temps de quitter ce monde. Si vous voulez faire quelque chose dans cette courte vie, vous devez vous y préparer quand vous êtes jeunes. Je crois que la crainte de Dieu, le souvenir de Dieu, la piété et la proximité de Dieu sont plus urgents et plus indispensables pour les étudiants des centres islamiques que les connaissances académiques. Une science sans piété est inutile et parfois même dangereuse. Nous avons eu certains savants religieux et non religieux, qui non seulement n'ont pas tiré profit de leurs connaissances mais dont la connaissance est également devenue un fardeau et un problème. Cette spiritualité est nécessaire pour les savants.

La ville de Kermânchâh est une ville importante. Comme l'a souligné M. Olama, Kermânchâh a eu de grands érudits dans le passé et durant les 200 et 250 dernières années, de grandes familles savantes ont émergé dans cette ville comme la famille des Alé-Agha, des Jalili et d'autres familles savantes qui comptaient plusieurs personnalités distinguées.

Un autre point au sujet de Kermânchâh qui attire mon attention est que les gens de Kermânchâh sont accueillants et généreux envers tous ceux qui visitent leur ville et encore plus semble-t-il, envers les religieux qui visitent leur ville. Le défunt Agha Mohammad Ali (que sa demeure soit au paradis) qui était le fils du défunt Vahid Behbahani et un des meilleurs étudiants de son père, a décidé de venir à Kermânchâh et bien qu'il n'eût pas l'intention d'y rester, les gens de Kermânchâh l'ont convaincu d'y rester et la famille Ale-Agha de Kermânchâh fait partie de sa lignée. Lui et plusieurs de ses enfants et descendants furent des religieux réputés de Kermânchâh. Ceci est un exemple.

Un autre exemple est le défunt Aseyyed Hossein Ha'eri qui s'était rendu à Machhad à la fin de sa vie. A cette époque, j'étais un adolescent. Je me souviens de certaines choses à son sujet. Il était le neveu d'Aseyyed Mohammad Ispahani et l'élève d'Aseyyed Mohammad Ispahani et d'un grand religieux d'Irak qui vivaient à Kermânchâh depuis de nombreuses années. Il avait été juge à Ispahan. C'était à la fois un savant religieux et un grand spirituel. Le défunt Agha Morteza Ha'eri m'a dit citant le défunt Aseyyed Hossein, qu'un ascète était venu chez Aseyyed Hossein qui lui demanda d'organiser une rencontre avec l'Imam Mahdi (AS). Le mystique lui apprit comment rencontrer l'Imam (AS) et plus tard, lui dit que l'Imam Mahdi (AS) assisterait aux cérémonies de deuil de la décade du mois de Muharram. L'Imam Mahdi (AS) vint à cette réunion. C'est une longue histoire qui montre la grandeur de son caractère et de sa spiritualité. En termes de connaissances, il fut l'élève du défunt Akhund Molla Fathali Soltanabadi qui à cette époque, vivait à Samarra.

Je tiens aussi à mentionner le défunt Sardar-e-Kabouli qui fut un remarquable chercheur dans différents domaines. Le livre qui a été écrit sur lui est un très bon livre que j'ai lu il y a plusieurs années. Il a vécu à Kermânchâh pendant une soixantaine d'années et les érudits ont beaucoup bénéficié de sa présence. Ce livre explique que le défunt Hajj Agha Hossein Qomi est venu à Kermânchâh sur le retour de son pèlerinage à Karbala et y a rencontré le regretté Sardar-e-Kabouli avec qui il a eu des discussions sur la direction de la qibla ou une question similaire, et certaines questions scientifiques. Hajj Agha Hossein lui demanda de lui enseigner ces choses. L'auteur de l'ouvrage si je me souviens bien, dit qu'il a vu de ses propres yeux que Hajj Agha Hossein Qomi étudiait auprès de Sardar-e-Kabouli alors qu'il était déjà une référence religieuse et un remarquable chercheur. C'est une leçon pour nous tous. Le défunt Hajj Agha Hossein Qomi avait décidé d'apprendre quelque chose de nouveau à l'âge de 80 ans alors qu'il était une référence religieuse réputée à cette époque. Pour un grand érudit, ce n'est ni une honte ni un défaut mais un honneur. Nous, les séminaristes, devrions en tirer une leçon. Vous, chers jeunes, devez aller de l'avant sur la base de ces principes. Cet homme était originaire de Kaboul, avait grandi en Inde et avait vécu à Najaf. Il a décidé de venir à Kermânchâh et les gens de Kermânchâh l'ont reçu à bras ouverts. Le défunt Sardar-e-Kabouli qui était un spécialiste dans plusieurs domaines, est resté à Kermânchâh pendant 60 ans. Le martyr Ashrafi Ispahani était un autre religieux qui avait émigré dans cette ville dont les habitants aiment les religieux. Quand les gens de Kermânchâh rencontrent quelqu'un et se familiarisent avec lui, ils deviennent si sympathiques qu'il se sent dans sa propre patrie. Le défunt Ashrafi Ispahani était d'Ispahan mais se sentait chez lui à Kermânchâh et se considérait comme un de ses citoyens. Ce que j'ai dit était une introduction à mon discours. Maintenant, je voudrais aborder quelques autres points.

Chers amis, chers oulémas, honorables savants et jeunes étudiants des centres islamiques, vous devez savoir qu'aujourd'hui, les religieux ont de lourdes responsabilités. Les religieux ont toujours eu des responsabilités de clarification et de diffusion des messages de Dieu. Ils sont «Ceux qui communiquent les messages de Dieu » [Coran, 33: 39], mais aujourd'hui, cette responsabilité est encore plus lourde pour deux raisons. Une des raisons est qu'il existe actuellement une occasion de promouvoir l'Islam dans le monde de l'islam et dans le monde non-islamique, que je vous expliquerai brièvement plus tard. L'autre raison est qu'en raison de cette opportunité et de l'islamophobie qui existe, les attaques contre l'islam ont augmenté. Par conséquent, notre responsabilité est plus lourde. Une nouvelle opportunité entraine une nouvelle responsabilité. Lorsque vous êtes confrontés à des attaques, une hostilité et une agressivité grandissantes à cause d'une nouvelle opportunité, vos responsabilités deviennent plus lourdes. Aujourd'hui, vous êtes dans cette situation. Mais vous ne devez pas avoir peur. « Le craignant et ne redoutant nul autre que Dieu. Et Dieu suffit pour tenir le compte de tout » [Coran, 33: 39]. N'ayez peur de rien. N'ayez pas peur des difficultés auxquelles vous êtes confrontés. Cela ne veut pas dire que vous deviez les négliger, non, vos responsabilités sont difficiles mais vous ne devez pas avoir peur. Essayez d'accueillir à bras ouverts les tâches difficiles et de faire des choses qui sont considérées comme impossibles. Voyez ce qui s'est passé en Iran. Si tous les analystes du monde avaient discuté pendant des heures, jours et nuits, chacun d'eux serait parvenu à la conclusion que cela (la révolution) était impossible. Pourquoi croyaient-ils que cela était impossible ? Notre pays était culturellement dépendant de l'Occident. Il était sous l'hégémonie politique de l'Occident. Son économie était aux mains de l'Occident. Les responsables et les dirigeants du pays pensaient qu'ils n'avaient pas d'autre choix que d'exécuter les ordres des États-Unis. Bien sûr, le gouvernement du Shah Mohammad Réza n'aimait pas obéir aux États-Unis mais ils étaient comme de pauvres esclaves qui devaient écouter leur maître. Ils étaient mécontents mais n'avaient pas le choix. Soudain, tout a été bouleversé dans notre pays dont la culture, la politique, l'économie et les responsables étaient éloignés de l'islam et dépendaient de l'Occident. Le gouvernement qui est arrivé au pouvoir n'a pas fait confiance à l'Occident qu'il considérait comme un ennemi dans certains cas. Il a changé l'orientation et à pris la direction de l'Islam avec l'application des règles islamiques. La République islamique est née alors que tous les analystes disaient que cela était impossible. Cela est devenu possible en Iran et s'est produit.
Certains révolutionnaires disaient aussi que c'était impossible. Le regretté M. Taleghani m'a dit : « L'imam Khomeiny dit que le Shah doit partir mais il est impossible que le Shah s'en aille ». Il ne pouvait pas le croire et m'a dit que l'imam Khomeiny disait des choses étranges. Certaines choses paraissaient impossibles mais l'imam Khomeiny les a rendues possibles. Une de ces choses fut la chute du Shah. L'imam Khomeiny disait que le Shah devait partir. Personne ne pouvait le croire mais le Shah fut contraint de s'en aller. Non seulement le Shah, mais aussi les États-Unis, les pays occidentaux, les puissances coloniales et les puissances arrogantes ont dû s'en aller. Personne ne pouvait le croire mais ceci est arrivé.

Personne ne pouvait croire que parmi les pays islamiques, la plus grande révolution de cette époque se déroulerait dans l'Égypte des accords de Camp David et d'Hosni Moubarak. Certaines personnes considéraient qu'une telle révolution était possible mais personne ne pensait qu'elle aurait lieu en Égypte. Pourtant, c'est arrivé. C'est ce que nous devons garder à l'esprit.

Lancez-vous dans des travaux qui paraissent impossibles et essayez de les accomplir. Abordez ces tâches difficiles de manière déterminée. « Le craignant, et ne redoutaient nul autre que Dieu. Et Dieu suffit pour tenir le compte de tout » [Coran, 33: 39]. Quels sont les problèmes, les obstacles et les difficultés ? La réponse est : « Allah est suffisant pour prendre en compte. » [Coran, 33: 39]. N'oubliez pas Dieu. Il tiendra compte de ce que vous faites. Dieu n'ignorera jamais vos souffrances, votre travail, votre patience et votre résistance. « Allah est suffisant pour prendre en compte. » C'est notre chemin. Dans une partie du Saint Coran, les oulémas sont invités à craindre Dieu et dans une autre partie, à « communiquer les messages d'Allah ». Les messages d'Allah sont les messages qui ont été communiqués par ses prophètes. Allah le Tout-Puissant dit: « Ainsi, à chaque prophète avons-Nous assigné un ennemi : des diables d'entre les hommes et les djinns, qui s'inspirent trompeusement les uns aux autres des paroles enjolivées. Si ton Seigneur avait voulu, ils ne l'auraient pas fait; laisse-les donc avec ce qu'ils inventent. » [Coran 6: 112]

Les prophètes divins sont entourés de diables « d'entre les hommes et les djinns ». Ils sont attaqués par des démons humains et des djinns. Si nous sommes censés promouvoir les messages de Dieu, nous devons nous attendre à être attaqués par des diables issus des hommes et des djinns. Ils vont nous attaquer, nous devons donc nous préparer à leurs attaques. Nous devons construire un mur spirituel contre les ennemis, à l'intérieur de nous-mêmes - un mur de piété et de confiance en Dieu - afin que nous ne nous effondrions pas de l'intérieur.

La retraite et la défaite physique sont le résultat d'une retraite et d'une défaite intérieure. C'est l'intérieur des êtres humains qui leur impose une défaite physique. Si vous n'êtes pas battus dans votre cœur, personne ne pourra vous vaincre. Le mur qui doit être construit dans votre cœur, est un mur de piété et de confiance en Dieu.

« Et c'est en Allah que les croyants doivent mettre leur confiance. » [Coran, 3: 122]
« Et c'est en Allah que les confiants placer leur confiance. » [Coran, 14: 12]
" Et quiconque place sa confiance Allah, Il lui suffit. » [Coran, 65: 3]
« Et Allah ne suffirait-il pas à Son serviteur? » [Coran, 39: 36]

Ce sont des leçons pour nous. Nous devons réciter le Coran avec attention et en comprendre les leçons qui doivent diriger notre vie. C'est une manière de nous préparer.

La préparation dans le monde extérieur est différente. Les diables qui sont censés nous attaquer ne nous attaquent pas toujours de la même manière. Les diables modernes qui vous attaquent par le biais de l'internet, des chaînes satellitaires et des outils très avancés de communication - ont des choses modernes à vous suggérer. Leur matériel tout comme leur logiciel, a été modernisé. Ils créent des doutes et des problèmes idéologiques. Ils créent une confusion intellectuelle, découragent les gens et fomentent la discorde. J'ai reçu des rapports qui disent qu'actuellement, les pétrodollars sont utilisés dans certains projets. Souvent, ces rapports ne sont pas rendus publics. Les ennemis dépensent des sommes énormes d'argent pour créer des groupes anti-chiites parmi les musulmans sunnites, dans certains pays islamiques. Ils paient certains « prédicateurs chiites » pour insulter et calomnier la Mère des Croyants, Aïcha, au nom de l'islam chiite. Ce sont les méthodes qu'ils utilisent. En tant que chiites ou sunnites, que faites-vous lorsque vous êtes confrontés à ces méthodes ? Nous ne devons pas nous laisser tromper. La discorde entre nous est leur plus grand souhait.

Je voudrais saisir cette occasion pour mentionner un point. Votre province est habitée par des musulmans chiites et sunnites. Les savants chiites et sunnites, devraient organiser des réunions entre eux sur leurs points de désaccord. Nous avons certaines choses en commun. Les savants chiites clarifient et enseignent leurs principes de jurisprudence islamique. De même, les savants sunnites peuvent clarifier et enseigner leurs propres principes de jurisprudence islamique. Les chiites peuvent enseigner les principes Ja'farites et les sunnites les principes Shaféites. Vous pouvez avoir vos propres croyances, mais en même temps, vous pouvez également coopérer les uns avec les autres. Je n'oblige pas le Faqih Shaféite ou ses disciples à devenir chiites Ja'farites, non, ils peuvent effectuer librement des recherches sur ces questions et décider de le faire ou non. Ce n'est pas un problème. Toute personne qui veut préserver ses idées est libre de le faire. S'ils veulent avoir des discussions religieuses, il n'y a aucun problème. Je n'ai rien contre les discussions religieuses. S'ils veulent organiser des discussions religieuses entre savants et experts, ils peuvent le faire mais ces discussions ne doivent pas être rendues publiques. Les réunions scientifiques sur les désaccords idéologiques doivent se faire en privé. Ils peuvent réussir ou non à se convaincre les uns des autres. De toute façon, ce n'est pas un problème. En dehors de ces désaccords, il y a certaines choses que nous avons en commun. Nous avons des problèmes communs qui peuvent être abordés de la même manière. Les savants chiites ont une influence sur les musulmans chiites, et les savants sunnites ont une influence sur les musulmans sunnites. Ils devraient profiter de leur influence pour éliminer les problèmes communs.

Aujourd'hui, il y a certaines personnes qui utilisent le takfir [condamnation à l'hérésie] comme une arme sans avoir peur de l'annoncer. Ces personnes sont dangereuses et il faut nettoyer les milieux islamiques de ce poison. Accuser les autres d'hérésie et s'attaquer mutuellement dans des discours publics est exactement ce que veut l'ennemi. Par conséquent, la lourde responsabilité dont j'ai parlé englobe tous ces aspects et commence à partir du développement d'une éducation individuelle et d'une humilité, dans le cœur.

Une autre responsabilité est l'acquisition des connaissances. J'ai entendu que certaines grandes personnalités de Kermânchâh vivent à Qom. Certainement, les chers messieurs qui assistent à cette réunion les connaissent. Ces gens devraient être encouragés à revenir à Kermânchâh ou s'ils ne peuvent pas vivre à Kermânchâh, à y venir chaque année et y rester un certain temps. Ils devraient venir à Kermânchâh et y rester deux ou trois mois par an, se rendre dans les villages et les villes de la province, et attirer les gens vers les mosquées. Par conséquent, la question de la connaissance est une question très importante.
Bien entendu, outre l'acquisition des connaissances, il y a la question de la promotion de l'islam qui est très importante. Présenter l'islam est une question qui nécessite une discussion détaillée. Si vous voulez présenter l'islam de manière appropriée, vous devez choisir votre public à l'avance. Et si vous avez choisi votre auditoire, vous devez connaitre les questions qui le préoccupent.

Un séminariste assistait à mes cours à Machhad puis il a cessé de venir à mes cours et je ne l'ai plus vu. Après un certain temps, je l'ai revu et je lui ai demandé où il était. Il m'a dit qu'il travaillait à la promotion de l'islam dans une ville éloignée de la province du Khorasan. J'ai demandé quel avait été le résultat. Il a dit : «Je suis arrivé à la conclusion que les choses que j'avais apprises étaient inutiles». C'est un cas de défaillance dans l'identification du public. Il faut identifier notre public dans les villages ou dans les villes, et savoir si les gens sont éduqués ou illettrés ?

Aujourd'hui, nous avons beaucoup de jeunes instruits. A Kermânchâh, le nombre de jeunes scolarisés est très important. Ce n'était pas le cas avant la Révolution où le nombre de diplômés universitaires dans la province de Kermânchâh n'excédait pas les 300. Aujourd'hui, le nombre des diplômés universitaires est des dizaines de fois supérieur. Ces diplômés sont jeunes et exposés à différentes propagandes et à différents discours qui suscitent des questions et des doutes dans leur esprit. Vous devez connaitre leurs questions et préparer les réponses, organiser des réunions et répondre à leurs questions. Vous devez choisir votre auditoire, vous familiariser avec sa façon de penser et utiliser le Saint Coran, la Sunna et les œuvres de nos grands religieux afin de leur fournir des réponses appropriés. Comme M. Mamdouhi l'a souligné à juste titre, il est nécessaire de sélectionner certaines parties des livres du regretté Motahhari et du commentaire "Al-Mizan» pour les présenter aux jeunes en fonction de leurs besoins et de leurs questions. Cela devrait être fait à Qom. La plupart d'entre vous allez au séminaire islamique de Qom et je ne cesse de souligner que le séminaire islamique de Qom devrait prendre soin de ces questions. Ce travail est nécessaire.

Vous devez vous préoccuper de l'éducation spirituelle au moins tout autant que de l'enseignement. Sauf dans une partie du Saint Coran où l'enseignement vient avant purification spirituelle, dans toutes les autres parties du Coran l'initiation spirituelle vient avant l'enseignement. « Pour les purifier et leur enseigner le Livre et la Sagesse » [Coran, 3: 164]. Cela signifie peut-être, que la purification spirituelle est supérieure à l'enseignement. Purifiez votre auditoire et éduquez-le. Comme je l'ai dit, cette éducation est difficile car : « Celui qui se considère comme le chef de file doit se former avant de former les autres », et il est nécessaire de s'acquitter de cette lourde responsabilité.

Essayez d'avoir une influence sur les couches les plus profondes de la pensée de votre auditoire. Ne vous limitez pas à susciter des émotions et des sentiments mais essayez d'exercer une influence sur les couches les plus profondes de leur pensée pour que l'effet de vos paroles ne s'émousse pas, au fil du temps.

Les religieux ont également des responsabilités sociales. Ils doivent s'impliquer dans les questions sociales mais le point essentiel est que cette implication dans les questions sociales soit accompagnée de spiritualité et non d'une tendance à vouloir dominer les autres car dans ce cas, leur participation sera inutile. La caractéristique du clergé est de pouvoir sensibiliser les gens dans le domaine de la spiritualité et de l'éthique, par leurs conseils et leurs suggestions. Bien sûr, si vous devenez Président, vous aurez d'autres responsabilités. Si vous devenez juge, vous aurez d'autres responsabilités mais en tant que religieux, votre responsabilité est d'expliquer aux gens la façon dont les prophètes divins agissaient. Vous ne devez pas chercher à dominer les autres et votre travail ne doit pas être influencé par votre orientation politique.

La prière est l'essence de tout. Une personne complètement isolée qui conserve sa relation avec la prière, connaitra le salut. La prière est très importante. Encouragez votre auditoire à la prière et encouragez les gens à participer aux prières collectives. Je ne sais pas si la conférence annuelle sur la prière a été tenue à Kermânchâh ou non. Essayez d'organiser cette conférence à Kermânchâh pour encourager la prière.

Les prédicateurs chiites et sunnites, ne doivent pas s'insulter les uns les autres. Ils doivent coopérer et être compatissants les uns envers les autres. En ce qui concerne les questions propres à l'islam chiite ou sunnite, les chiites et les sunnites doivent travailler de façon autonome, mais ils doivent coopérer dans les domaines communs. Par la grâce d'Allah, le milieu religieux avancera si cela se produit.

Je vous assure que la victoire de la Révolution islamique en Iran a revitalisé l'islam dans le monde. Beaucoup de gens dans le monde ont commencé à réfléchir sur les raisons de ce changement. Ils ont commencé à se poser des questions sur « le moteur » qui avait donné naissance à ce grand événement qui a secoué l'Occident. La victoire de la Révolution islamique et la grandeur de l'imam Khomeiny ont secoué l'Occident et les puissances arrogantes. Beaucoup de gens ont commencé à en rechercher les causes, ont lu le Saint Coran et ont découvert certaines vérités sur l'islam. Ils ont été attirés vers l'islam et se sont convertis. À partir de ce moment, l'islam a été l'objet d'une attraction qui a continué plus tard.

La deuxième vague a commencé avec l'effondrement du marxisme. Même dans les pays islamiques, beaucoup de jeunes et de gens sincères avaient placé leurs espoirs dans le marxisme. Ils pensaient qu'un gouvernement socialiste pourrait éradiquer la pauvreté, l'injustice et bien d'autres problèmes dans leur pays. Certains d'entre eux croyaient vraiment au marxisme. J'en ai rencontré certains - à la fois des musulmans et des non-musulmans- qui étaient des gens sincères mais ne croyaient pas en l'islam. Ils étaient devenus marxistes parce qu'ils pensaient que le marxisme était l'espoir des peuples. Plus tard, quand le marxisme s'est effondré, ils ont réalisé qu'ils s'étaient trompés, que le marxisme était inutile et ont développé une tendance à l'islam.

Tous ces mouvements de jeunesse qui exigent l'islam en Égypte, en Tunisie, en Libye, au Yémen et dans d'autres endroits, criaient des slogans de gauche pendant les années 60 et 70. Il y a 30 ou 40 ans, tous avaient des slogans communistes et les déclarations de ceux qui parlaient de l'islam étaient entachées d'idées marxistes. Même dans notre pays, il y avait des individus de ce genre dont je ne veux pas citer le nom. Certaines personnes parlaient de l'islam tout en faisant la promotion des idées marxistes dans leurs discours. Cela a une influence. Une fois que le marxisme s'est effondré, tous ces mouvements qui avaient perdu foi au marxisme, se sont tournés vers l'islam, le Coran, les commandements divins et la République islamique. Ils ont réalisé qu'un gouvernement avait été établi sur la base de l'Islam avec des slogans progressistes et modernes. Ils ont réalisé que la République islamique luttait contre toutes les puissances oppressives qui suçaient le sang des peuples et qu'elle résistait comme une montagne. Ils ont été étonnés. Ils ont réfléchi et se sont posé des questions au sujet de ce gouvernement. Ils ont réalisé que l'islam contenait les mêmes idées que celles qu'ils cherchaient dans le marxisme qui s'était effondré. Ce fut un moment historique où les gens ont développé une tendance à l'islam. Actuellement, nous nous trouvons à un autre moment historique où les gens sont déçus par le libéralisme occidental, la démocratie libérale occidentale et les systèmes économiques capitalistes. Vous voyez ce qui se passe ?

Ils veulent marginaliser cette question dans leur propagande mais cela ne résoudra pas le problème. Des milliers de personnes se sont réunies dans le centre financier américain dans la capitale économique des États-Unis à New York, et ont crié qu'ils ne voulaient plus du capitalisme. Ils se sont réunis à Wall Street, qui est le cœur du capitalisme mondial. Ce ne sont ni des immigrés, ni des Afro-Américains, ni des membres des classes sociales défavorisées. Parmi eux, il y a des professeurs, des universitaires, des politiciens et des groupes d'étudiants. Ils disent qu'ils ne veulent plus du capitalisme. Eh bien, c'est ce que nous disons aussi. Nous avons dit dès le début, que nous ne voulions « ni de l'Est ni de l'Ouest » - c'est-à-dire, ni le capitalisme ni le socialisme. Le système socialiste est allé en enfer et le système capitaliste se dirige dans la même direction. Après ces événements, il y aura une forte tendance à l'Islam et nous assisterons à une troisième vague.

Vous devez vous préparer. Les milieux religieux musulmans doivent être prêts. Les arguments fragiles et inconsistants doivent être abandonnés et il est nécessaire de préparer des arguments logiques, fermes et profonds sur l'Islam, extraits du Coran, de la Sunna, des déclarations des Imams infaillibles (AS) et des principes logiques en accord avec les besoins des êtres humains et des sociétés humaines. Vous verrez que la tendance à l'Islam se développera.

Il y a beaucoup de choses dont je voulais discuter. Comme je l'ai dit, cette réunion a été très agréable mais nous manquons de temps.

Mon Dieu ! Fais de nous des religieux qui Te plaisent. Mon Dieu ! Offre à nos jeunes et à ces jeunes étudiants qui sont les jeunes arbres du jardin de la connaissance religieuse, la possibilité de devenir des savants actifs, où qu'ils vivent, à Kermânchâh ou dans d'autres villes. Accorde Ta grâce, Ta miséricorde et Tes conseils à chacun de nous. Fais que le cœur sacré de l'Imam du Temps (que nos âmes soient sacrifiées à sa cause) soit satisfait de nous !

Que les salutations soient sur vous et que la miséricorde d'Allah et Sa bénédiction vous accompagnent !

 
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