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Imam Khomeiny

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Propos du Guide suprême lors d'une rencontre avec des professeurs de l'Université de Téhéran Version imprimable
02/02/2010

Au nom de Dieu, le très Miséricordieux, le tout Miséricordieux

C'est une très bonne réunion et les remarques de ces messieurs me sont vraiment utiles. Tout ce qui a été dit sur les sciences humaines, les études interdisciplinaires et au sujet de l'agriculture (je souhaite voir les projets dont il a été question, pour les étudier et les utiliser), et enfin au sujet des sciences et des recherches, était intéressant.
Le rapport du docteur Rahbar, doyen de l'Université de Téhéran, était très utile et encourageant.
Il faudrait présenter le rapport de ces progrès à l'opinion publique qui n'est pas assez au courant du rôle de la République islamique d'Iran dans la science, la recherche, la création d'universités et le nombre de projets scientifiques, d'articles publiés et d'inventions enregistrées, pendant ces trente ans.
Un des points de la propagande des ennemis et de l'opposition depuis la victoire de la révolution, consiste à prétendre que la Révolution islamique est contre la science alors que la Révolution est basée sur la science. C'est un point dont je parlerai brièvement. Il est donc nécessaire de publier ces statistiques.
C'est une très bonne occasion, à mon avis, car les personnes présentes à cette réunion constituent un ensemble spécial de directeurs, d'élites intellectuelles et de personnalités influentes de la meilleure université d'Iran, à savoir l'Université de Téhéran qui, à vrai dire, a toujours été à la pointe et à l'avant-garde, et le restera dans l'avenir incha-Allah. L'ensemble des responsables de cette université est ici présent, l'occasion est donc offerte d'écouter et de parler.
Avant tout, un mot au sujet du doctorat honorifique proposé par le Docteur Rahbar. Ce signe de sympathie de la part de votre université est un honneur mais je préfère me contenter d'être un étudiant en sciences islamiques. Je préfère respecter l'engagement que j'ai pris avec Dieu, dans ma jeunesse et, avec l'aide de Dieu, progresser dans ce domaine. C'est gentil de votre part et j'en suis fier, mais je ne peux pas l'accepter. Je vous souhaite de réussir, incha-Allah.
J'aborderai quelques sujets dont vous êtes au courant et sur lesquels j'ai beaucoup insisté pendant toutes ces années. Il faut travailler davantage car nous sommes en retard. Il faut l'avouer. Notre pays, notre Révolution et notre régime islamique, ne sont pas un pays ou une nation parmi quelques centaines d'autres.
Si comme je l'ai déclaré dans un discours, notre territoire représente un centième du monde et notre population un centième de la population mondiale, nous ne devons pas nous nous contenter d'un centième de participation dans les différentes questions internationales.
Nous avons une responsabilité, l'Iran islamique a une responsabilité, bien plus grande. Cela ne veut pas dire que nous sommes bellicistes ou décidés à agrandir notre territoire, non, cette idée ne traversera jamais la tête des musulmans.
Je parle de la responsabilité de l'Iran vis-à-vis de l'Humanité qui a connu de grands fléaux dans le passé. Bien entendu, nous avons tous certaines responsabilités vis-à-vis de notre famille, de notre ville et de notre patrie, et nous commettrions un péché si nous ne les assumions pas. C'est aussi le cas si nous pouvons aider quelqu'un et que nous ne le faisons pas. C'est encore le cas vis-à-vis de l'Humanité.
Ce serait un grand péché si nous ne faisons rien quand nous constatons que la communauté internationale subit des systèmes politiques illégaux et des pressions, ou que des gens ont faim et sont dans la misère. Il faut regarder le monde sous cet angle. Ceci demande un pays puissant, un peuple et un gouvernement, forts et indépendants, sinon les grandes puissances exerceront leur influence sur nous. Comment dans ce cas, pourrions-nous avoir une influence sur les pays voisins ou nos coreligionnaires ? Il faut donc que nous acquerrons un pouvoir qui n'a rien de militaire et qui ne réside pas non plus, dans la production ou le développement technologique.
Les deux facteurs qui sont très importants dans l'évaluation de la puissance nationale sont la science et la foi. La science depuis toujours, est à l'origine de la puissance, elle mène parfois à une technologie et parfois à rien mais elle est en elle-même une source d'indépendance et procure la fortune et la puissance militaire et politique.
Comme dit le hadith de l'Imam Ali ( ) :

«العلم سلطان من وجده صال به و من لم يجده صيل عليه »
« Le savoir est roi, celui qui en dispose domine, celui qui n'en dispose pas est dominé
» (Nahdjol Balaghah, p. 319).

Il n'y a pas de troisième solution, soit vous en disposez et vous dominez, soit vous n'en disposez pas et vous êtes dominés par les gens qui le possède (le savoir) et qui interviennent dans vos affaires et décident de votre destin. Le trésor islamique est rempli de telles paroles.
L'autre facteur est la foi qui est un autre sujet et exige un long débat. Il faut donc insister sur la science. Les progrès énumérés avant que je prenne la parole, ont une grande importance. Ils ont été réalisés grâce à la liberté et à la liberté intellectuelle qui règne dans la République islamique. Cela aurait été impossible sous la dictature mercenaire (des Pahlavis).
En d'autres termes, nous n'aurions pas pu réaliser ces travaux avec le temps, à cause de la dictature et de notre dépendance. Il y a parfois dictature et développement comme à l'époque de Napoléon, par exemple, qui fit construire l'Académie française.
Les progrès scientifiques pendant les quinze années de règne de Napoléon, ont été plus importants que dans les 80 ans qui suivirent. Ce sont des développements dont les Français sont encore fiers aujourd'hui. Après tout Napoléon était sans doute un homme intelligent, passionné et actif, et entouré de personnes sages. Mais il y a des dictatures qui sont marquées par la dépendance et la soumission. C'est ce dont nous avons souffert pendant des années consécutives, à l'époque des Pahlavis d'une façon, et à l'époque des Qadjars d'une autre. Autrement dit, avant l'époque coloniale, à l'époque de Nasser-e-Din Shah, nous étions un pays dépendant. La dictature et l'autocratie privent le peuple de ses libertés, vient ensuite la soumission aux politiques étrangères. Si cela existait encore, nous n'aurions jamais connu ces progrès. Le développement actuel est dû à la Révolution islamique. Si nous voulons continuer, il nous faut du travail et des efforts, il faut faire de grands efforts. L'université joue un rôle prépondérant.
J'ajouterai un autre point au sujet de l'Université de Téhéran. Bien que je ne sois pas un de ces universitaires dont a parlé un des participants avant que je prenne la parole, j'ai un contact très ancien avec l'université, les étudiants et les universitaires.
Quand je passais à l'Université de Téhéran pour telle ou telle affaire, je me sentais chez moi. Il est vrai que le milieu universitaire de l'époque n'avait rien de commun avec mon style vestimentaire, (les habits de religieux) mais je me sentais très à l'aise dans ce milieu. D'autres amis avaient aussi le même sentiment.
C'est peut-être pour cette raison que les organisateurs du retour de l'Imam Khomeiny ont choisi l'Université de Téhéran pour se rassembler en signe de protestation contre le report du vol de l'imam. Ce n'était pas un hasard, mais au contraire, cela prouve le lien spirituel qui existe avec l'université et entre autres, l'Université de Téhéran.
Je n'oublierais pas le jour où, avec le martyr Beheshti, nous sommes entrés dans l'Université de Téhéran par la porte de l'est. L'un de nos chers amis, un respectable savant encore vivant grâce à Dieu, avait fait en sorte qu'on puisse entrer par cette porte, car on ne nous laissait pas entrer par la porte du sud.
Nous sommes allés directement à la mosquée de l'université, je me suis tout de suite faufilé dans une petite pièce au fond, je ne sais pas si elle existe encore aujourd'hui, et je me suis mis à la rédaction d'un journal pour le rassemblement.
Nous avons publié un journal dont quelques numéros ont été distribués dès le premier jour « Le journal de rassemblements de protestation ». Ces liens sont enracinés dans les esprits et le passé. Autrement dit, nous avions confiance en l'université qui, de son coté, était hospitalière (aux religieux). C'est encore pour cette raison que l'Université de Téhéran a été choisie comme lieu de la prière du vendredi.
On aurait pu faire autrement mais c'est sur les pelouses de l'université que les gens se rendent encore de nos jours, pour la prière du vendredi. Cela a une grande importance.
Pendant deux ans après la victoire de la Révolution, je venais à l'Université de Téhéran pour rencontrer les étudiants, une fois par semaine. J'ai fréquenté la mosquée de l'Université pendant un an. J'y passais pour discuter avec les étudiants et répondre aux questions. Non seulement cette université est un centre scientifique de premier rang mais c'est aussi un centre remarquable au niveau spirituel et religieux, dont il faut reconnaître la valeur.
Ce que je viens de dire au sujet de l'importance de la science implique que l'Université de Téhéran accélère sa marche en tant qu'université d'avant garde dans le domaine scientifique. Il faut travailler de façon plus soutenue.

On a parlé des inventions et des nouveaux travaux qui ont été effectués. Il y a des progrès dont personnellement je suis mieux au courant que vous car je reçois des rapports de différents endroits. A vrai dire, je ne suis pas totalement satisfait, les progrès ne sont pas satisfaisants.
Il n'y a que dans ce genre de réunions que nous pouvons tenir de pareils propos. Quand je dis ne pas être satisfait des progrès, cela ne signifie pas qu'on pouvait faire plus, non, personne ne doit être critiqué, ce niveau est peut-être le niveau maximum que nous pouvions atteindre.
Il est possible que ce soit une vérité, mais elle est affligeante, nous avons encore beaucoup de distance par rapport à nos objectifs.
Je ne suis pourtant pas trop exigeant. Je ne demande pas que nous atteignions les premiers rangs internationaux dans le domaine scientifique en dix ou vingt ans, mais il faut que le pays sorte de cet emprisonnement scientifique en cinquante ans. Voilà ce que signifie la production scientifique.
La production scientifique ne ressemble pas aux autres productions, elle exige des étapes préliminaires. Il faut que nous atteignions un niveau où nous pourrons développer notre savoir et produire de nouvelles sciences.
Les sciences accessibles à l'Humanité ne sont pas seulement celles dont nous disposons aujourd'hui. Il y en a qui seront découvertes dans l'avenir comme certaines technologies qui n'existaient pas il y a un siècle. Il y a cent ans, la plupart des sciences humaines dont certains ont parlé avant moi n'existaient même pas. La science et les recherches scientifiques n'existaient pas dans ces domaines, c'est plus tard qu'ils ont été découverts. Les capacités de l'humanité dépassent ce que nous pouvons imaginer. Les savants disposent de facultés de connaissance très développées. Il faut que nous atteignions un niveau où nous pourrons avancer encore plus dans ces domaines et tout connaître dans la mesure du possible.
Profitons de la science comme moyen de salut pour l'Humanité. La question de la science est ce qui distingue l'islam du monde matérialiste.
Nous recherchons la science pour le bonheur, le développement et la prospérité de l'Humanité et pour réaliser la justice et les grands idéaux humains.
J'ai répété à plusieurs reprises que le vieux rêve de l'Humanité est le règne de la justice. L'Homme souffre de l'injustice depuis la nuit des temps. Elle sévit encore aujourd'hui dans le monde, sous une forme moderne, avec ses armées et son impunité !
Aujourd'hui, il y a des injustices dans le monde que personne ne peut dénoncer. Dès qu'une critique est faite, on l'étouffe par des moyens scientifiques comme les nouvelles technologies de communication. Regardez par exemple comment ils traitent la République islamique ! De quoi la République islamique est-elle responsable ? Qu'est-ce qu'elle cherche ? Quelle est la raison de tant de complots contre la République islamique qui ne cherche pas à violer les droits des autres nations, qui recherche le salut divin de l'Humanité à qui elle apporte un message ?
Ils le savent et c'est pourquoi ils exercent tant de pressions sur nous. L'injustice existe encore aujourd'hui. La science doit la combattre.
Aujourd'hui la science est au service de l'injustice, de gens violents et de sociétés des plus cruelles. Il faut qu'elle sorte de cette situation. Le regard de l'islam sur la science est un regard pur, décent, spirituel et loin de tout égoïsme. C'est dans ce but que nous recherchons la science, il faut donc faire des efforts.

Une autre remarque qui me semble importante, est la nécessité d'accorder plus d'attention à la culture à l'université. Il faut y prêter beaucoup d'attention dans le milieu universitaire.
Il n'y a aucun doute que le but principal de l'université est l'acquisition de la science, mais il faut former les étudiants à ce regard dont j'ai parlé. Cela est possible.

L'un des messieurs a fait allusion à la nécessité de créer une solidarité entre les différentes couches de la société, c'est très bien, mais pas très facile à réaliser.
Des étapes préliminaires sont nécessaires mais ce que je viens de dire au sujet de la formation des étudiants est faisable.
Les directeurs des universités peuvent insérer cela dans leur programme avec la publication de livres, le choix judicieux des professeurs et divers autres programmes, c'est malgré tout un travail très délicat. Il faut considérer la culture sous un angle intelligent. L'apprentissage de la science est en lui-même une culture.
Si l'on fait attention aux questions culturelles à l'université, non seulement les étudiants seront plus passionnés pour apprendre et faire des recherches, mais les professeurs ne se limiteront plus à leur temps de classe.
On m'a rapporté de nombreux cas où les cours de certains professeurs étaient devenus une simple obligation alors qu'un professeur ne doit pas se limiter à « faire son devoir » en enseignant. L'enseignement et la formation des étudiants doivent être une passion.
Il faut que le professeur agisse comme un père ou un frère, et n'abandonne pas ses étudiants. C'est heureusement ce qui se passe dans nos centres d'enseignement islamique et c'est une des traditions de nos écoles religieuses où le professeur est toujours prêt à répondre aux questions. Parfois les étudiants suivent leur professeur jusque chez lui, après le cours, pour lui poser encore des questions et relancer des débats qui prennent parfois des heures. C'est un exemple à suivre qui demande un effort culturel. C'est un travail culturel qui ne s'ordonne pas par des décrets.

Comme vous le savez, je rencontre les universitaires et les professeurs plusieurs fois par an. Il ne faut pas que le professeur attende les étudiants dans son bureau pour répondre aux questions, je l'ai répété plusieurs fois dans ces réunions ainsi que les professeurs. Le gouvernement a établi certains règlements ces cinq dernières années mais je sais et vous le savez aussi qu'on ne respecte pas ces règlements comme il faut. Où est le problème ? Dans la culture.
On a aussi fait allusion à l'amour de la recherche chez les hommes, les femmes et les professeurs avant que je prenne la parole. Cela a une grande importance.
Les plus grandes inventions de l'Humanité sont le résultat de la recherche, de la curiosité et des efforts, et non le résultat d'ordres ou de l'argent.
Certains chercheurs ont souffert et passé des années avant de parvenir à un résultat. Il est possible que ce résultat leur ait ensuite procuré la réussite, la renommée, l'argent et bien d'autres choses mais les éléments principaux de leur succès sont la passion de la recherche, la curiosité et la profondeur de leur travail. Il faut développer cet esprit chez les étudiants.
Vous savez que chaque nation a ses caractéristiques. Certaines nations ont des caractéristiques générales, d'autres des particularités géographiques et historiques qui dépendent de divers éléments. Il faut développer un sentiment de courage, d'enthousiasme, de curiosité et d'énergie dans la nation.
Actuellement, ou cela est rare ou cela n'existe pas. Il en est de même pour le goût pour les travaux collectifs qui ne fait pas partie de nos caractéristiques nationales. Si vous comparez vos sports avec ceux de l'Europe, vous vous en rendrez compte. La lutte, en tant que sport national, est un sport individuel. Même dans le sport traditionnel iranien qui est en fait, un sport collectif, chaque sportif agit de façon individuelle.
Lorsqu'ils entrent dans la salle spéciale à ce sport, chaque sportif s'entraîne de façon indépendante, ce n'est pas comme dans le football ou le volleyball où le mouvement des joueurs est un travail d'équipe. Ce sport n'est pas un sport de groupe. C'est un point faible qu'il faut redresser. La société a besoin d'« injections ». Qui en est chargé ? L'université.
Il faut que l'université accorde plus d'attention à la science et aux questions culturelles.
Nous devons former des jeunes patients, satisfaits, travailleurs, passionnés de recherche, qui aiment le travail collectif, raisonnables, justes, ponctuels et ayant un sens aigu des responsabilités. Il ne faut pas faire l'inverse. Les jeunes qui arrivent à l'université à l'âge de 18, 19 ans, méritent une telle formation. Il faut programmer pour la première étape qu'est la licence. Vous pouvez former une génération qui possède toutes ces qualités morales. Cela demande une programmation. Cela ne se fait pas par la propagande ou des décrets.
Comme le travail scientifique qui nécessite une programmation et des plans à long terme, le travail culturel demande aussi une planification importante qui doit se réaliser à l'université, cela ne peut pas se faire en dehors de l'université.
Cela ne doit pas être accompli sur un ordre, cela doit venir du cœur des universités. Ceci a été dit afin de préparer l'université à un travail culturel, incha-Allah.
Le travail religieux constitue la partie majeure du projet culturel, il faut familiariser les gens avec la religion, la spiritualité et la prière. A vrai dire, un des péchés de l'époque Pahlavi est d'avoir coupé les gens instruits des questions religieuses, du Coran, du Sahifeh Sadjadieh (Recueil de prières de l'Imam Sadjad) et du Nahj-ol-Balaghah.
Ceci a continué même à l'époque postrévolutionnaire. Depuis trente ans, depuis la victoire de la Révolution, nous aurions pu faire de grands travaux mais nous avons presque suivi la même voie.
Chers amis ! Sachez que l'habitude de la lecture et la réflexion sur le noble Coran et les prières du recueil "Sahifeh Sadjadieh", sont très efficaces dans l'approfondissement des connaissances religieuses. Approfondir les connaissances religieuses est très important.
Il est possible qu'une personne participe, sous l'effet de l'émotion, aux prières à la mosquée, aux cérémonies de deuil de l'Imam Hossein ou encore à telle ou telle manifestation sans connaissances religieuses très profondes, et "déraille" au moindre virage. J'en ai beaucoup d'exemples.
Dans la Révolution, par exemple, il y avait au début, des gens qui semblaient être plus religieux, plus zélés et plus fidèles que nous mais qui ont flanché au premier obstacle ! Il est évident que leurs convictions n'étaient pas très solides. L'approfondissement des connaissances religieuses est très important ainsi que l'intérêt pour les questions religieuses. Cela fait partie du projet culturel.
Ces travaux demandent des pionniers comme vous, les directeurs des groupes de recherche. Ce n'est pas un projet qui peut être réalisé dans des bureaux ou envoyé dans un centre scientifique. Ceci exige réflexion, et c'est très important.
Une autre remarque concerne la politique à l'université. Il y a longtemps, comme vous le savez, que je dis que l'esprit politique doit être vivant à l'université. Cela donne de l'enthousiasme aux jeunes. Nous avons besoin de jeunes actifs. Si l'on coupe l'université de la politique, elle perdra son enthousiasme et sa vivacité et deviendra un milieu propice au développement de tendances intellectuelles et morales, dangereuses.
La présence de la politique dans l'université est donc importante. Ceci dit, il ne faut pas confondre la présence de la politique à l'université avec une université politisée. Cela ne signifie que l'université devienne un champ d'action pour des courants politiques et des éléments politiques. Il ne faut pas que cela arrive, il faut l'empêcher. Cela demande une programmation sérieuse, vous ne devez pas laisser cela arriver. Sinon l'étudiant sera perdu et abusé assurément. Comme si quelqu'un obligeait notre enfant à nous cambrioler et que nous restions les bras croisés à regarder. Cela n'est pas normal. Il faut programmer et surtout à l'Université de Téhéran qui est à l'avant-garde du mouvement scientifique et doit l'être également dans ce projet culturel. Il est vrai qu'à l'époque il n'existait qu'une dizaine d'universités en Iran et rien de spécial ne se passait à l'université. Certaines facultés de l'Université de Téhéran étaient le lieu de prédilection de différents partis et tendances politiques, cela est encore le cas aujourd'hui. Prenez donc garde à ce que cela ne devienne pas un moyen pour les ennemis pour abuser de l'université.
Certains manifestent une certaine sensibilité au mot « ennemi » et nous demandent pourquoi nous répétons ce terme sans se rendre compte, malgré toutes ces répétitions, de ce que fait cet ennemi ! Je me demande ce qui se passerait si je ne le répétais pas aussi souvent !
Regardez par exemple le Noble Coran où Dieu répète plusieurs fois le nom du Diable et des malfaisants, ou encore les noms du Pharaon, de Nemrod, de Qaroun et des ennemis du Prophète « Que le salut de Dieu soit sur lui » qui reviennent à plusieurs reprises dans le Coran. Le récit du Diable est répété plusieurs fois dans le Livre saint. Dieu aurait pu le raconter une seule fois juste pour nous en informer. Mais Il l'a répété, car il ne faut jamais négliger l'ennemi.

: «و من نام لم‌ينم عنه»
« Si quelqu'un s'endort dans sa tranchée, cela ne veut pas dire que son ennemi dort aussi»

(Nahjol-Balaghah, lettre 62),

dit l'Emir des croyants. Si vous vous dormez, l'ennemi est peut-être en éveil, et prêt à vous assigner un coup fatal. Il ne faut jamais négliger l'ennemi.
Certains ont fait preuve d'une grande négligence après les élections. Je parle de négligence car je regarde les choses sous un angle optimiste, personnellement, je ne suis pas pessimiste et je suis plutôt optimiste vis-à-vis des gens.
De mauvaises choses ont été commises le lendemain des élections dont ils voient maintenant les résultats. Sous prétexte de protester contre le résultat des élections, ils ont poussé les gens dans la rue, pourquoi ? Pour quelle raison ? Pourquoi inviter les gens à se battre sur le pavé ?
Une question comme celle des élections, si délicate et si importante, peut-elle être réglée dans la rue ?!
Ils ont constitué des groupes de pression, cela a été une grande erreur qui a profité à l'ennemi et à ceux qui cherchent à provoquer des émeutes et le désordre. Ce sont de grandes erreurs. En politique, l'erreur est parfois aussi néfaste que la trahison.
Que vous tiriez par mégarde ou volontairement, le résultat est le même quand une balle atteint le cœur et cause la mort de quelqu'un ! Les fautes sont parfois commises de cette manière, par erreur c'est vrai mais le résultat est le même. Que faire pour protéger l'université contre de tel danger ? C'est important. Il faut convaincre les étudiants et certains professeurs.
Vous voyez donc l'importance de la question scientifique au sein l'université, comme je l'ai répété et comme certaines personnes présentes y ont aussi fait allusion avant que je prenne la parole. Tout ce qui a été dit à ce sujet est très positif, et je l'approuve. Les questions culturelles et politiques sont importantes. Cela ne se limite pas à l'Université de Téhéran mais concerne toutes les universités du pays dont l'Université de Téhéran est en tête. En d'autres termes, les autres universités doivent s'inspirer de ce que vous faites. Je prie Dieu, le très haut pour qu'Il vous garde dans cette position exemplaire, incha-Allah.

Je prie grand Dieu qu'Il vous accorde le succès dans ce que vous faites et dans ce que je fais. Tout est possible grâce à Dieu et à une volonté solide. Heureusement, vous avez acquis de grandes expériences pendant toutes ces années, au niveau politique et scientifique et dans d'autres domaines. Partout où nous avons mis un pied résolu, Dieu nous a ouvert les portes.
Je tiens à vous féliciter à l'occasion de l'anniversaire de la victoire de la Révolution islamique, la « Décade de l'Aube », et je prie Dieu d'accorder la paix à l'âme de l'Imam [Khomeiny] et des martyrs de la Révolution, et pour que l'imam caché (que Dieu hâte sa venue) soit satisfait de nous tous, incha-Allah.

 
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