Discours du Guide suprême en réunion avec les habitants de la province d'Ilâm
14/05/2014

Ce qui suit est le texte intégral du discours prononcé le 14 mai 2014 par l'Ayatollah Khamenei, Guide suprême de la Révolution islamique, lors d'une réunion avec les habitants de la province d'Ilâm à l'ouest d'Iran, à l'occasion de l'anniversaire de la naissance du Commandeur des Croyants (AS). La réunion avait lieu dans l'enceinte du Hosseinyah « Imam Khomeiny » de Téhéran.

Au nom d'Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Louanges à Allah et paix et salut sur Son messager et ses descendants immaculés et purs. Je tiens à vous souhaiter la bienvenue, chers frères et sœurs, qui avez parcouru une longue distance et transformé notre journée en une véritable fête par votre présence. J'espère que grâce à cet anniversaire, Allah le Très-Haut, accordera Ses bénédictions spirituelles et matérielles, au peuple d'Iran et en particulier à vous, frères et sœurs venus d'Ilâm. J'espère qu'Il vous octroiera Ses bénédictions et Sa guidance spéciale. Les bénédictions divines ont toujours été accordées aux gens d'Ilâm y compris les nomades et ses citoyens. Nous en avons tous été témoins dans le passé, que ce soit pendant ou après la Défense sacrée. Le djihad, la résistance, la fermeté et la fidélité de la nation ne sont pas des choses négligeables. Ce sont des sources de fierté pour les gens et heureusement, vous avez joui de cette fierté, vous en jouissez encore et vous en jouirez dans l'avenir. Vous en particulier les chers jeunes, devez savoir que ce pays vous appartient. Son avenir vous appartient. C'est vous qui devez assumer avec puissance, cette grande responsabilité, tout comme d'autres jeunes l'ont assumée dans le passé en défendant l'honneur national, l'indépendance du pays, la religion, la foi et l'identité nationale. Les habitants d'Ilâm sont une des manifestations de cette défense. J'ai été de près témoin des sacrifices du peuple d'Ilâm pendant les années difficiles de 1980 et 1981 quand tous les gens d'Ilâm, hommes et femmes, étaient présents sur la scène [de la défense]. À cette époque, ils ont apporté une contribution parfaite et les personnalités marquantes de cette province ont été des pionniers. Cela est encore vrai aujourd'hui. J'espère qu'Allah le Très-Haut aide, accordera le succès aux responsables dans le respect de leurs responsabilités. Bien entendu, ils sont déterminés à œuvrer et à résoudre les problèmes. Nous devons coopérer avec eux. Tout le monde doit apporter sa contribution afin que cette tâche s'effectue.

Beaucoup de choses ont été dites sur le Commandeur des Croyants (AS). Cependant, tout n'a pas été dit. Ce qui a été dit et écrit sur les caractéristiques du Commandeur des Croyants (AS), ne concerne pas toutes ses caractéristiques mais seulement une partie. On a rapporté du Saint Prophète (SAWA) qu'il a dit : « Mon frère, Ali, a des caractéristiques uniques » [Bihâr ul-Anwar, volume 26 page 229]. C'est-à-dire que les gens ne peuvent pas les comprendre car elles dépassent leur compréhension. C'est le statut du Commandeur des Croyants (AS). Nous avons besoin d'un modèle et d'un leader. Par conséquent, nous devons adopter une telle perspective à l'égard du Commandeur des Croyants (les salutations soient sur lui). À mon avis, tout le monde que ce soit ceux qui sont intéressés par l'écriture et la recherche, ou nous qui nous intéressons à l'étude et à la réflexion sur ses caractéristiques, devons étudier la vie du Commandeur des Croyants (AS) dans un certain nombre de chapitres. À mon avis, il y a quatre chapitres plus importants que je vais évoquer brièvement.

 Un chapitre concerne les positions spirituelles du Commandeur des croyants, son monothéisme, sa piété, sa proximité avec Dieu et sa pureté. Ce sont des choses dont la profondeur et la vérité sont vraiment hors de notre portée. Tous les ulémas chiites et sunnites, et même les érudits non-musulmans, ont dit qu'ils n'étaient pas en mesure de comprendre cette partie de la personnalité du Commandeur des Croyants (AS) qui par ses dimensions saillantes et brillantes, attire tous les regards. Ils n'ont pas pu comprendre ces différentes dimensions. C'est une partie de sa vie. Ibn Abi al-Hadid, savant sunnite et mutazilite, a commenté le sermon du Commandeur des Croyants (AS) sur le monothéisme, dans son commentaire du Nahjul Balaghah, et déclaré : « Ibrahim, l'ami de Dieu, devrait être fier d'avoir un tel descendant ». Beaucoup de prophètes étaient de la lignée d'Ibrahim (AS) cependant il a fait cette déclaration uniquement au sujet du Commandeur des Croyants (AS). Il ajoute : « Ibrahim, l'ami de Dieu, dira à son descendant : « Tu as fait des déclarations sur le monothéisme à l'époque de l'ignorance arabe que je n'ai pas pu moi-même, faire à l'époque de l'ignorance des Nabts [tribu des fils d'Israël] et démontré des vérités que je n'ai pas pu démontrer». Notez que le narrateur est un savant sunnite et mutazilite. Ce n'est qu'une partie et un chapitre de la vie du Commandeur des Croyants (AS) qui comporte d'ailleurs, beaucoup de dimensions inconnues. Cette partie de sa vie est vraiment un océan profond et insondable.

Un autre chapitre concerne le djihad du Commandeur des Croyants (AS). Ces efforts et ces actes d'abnégation sont les meilleurs exemples de sacrifice que le Commandeur des Croyants (AS) a faits pour l'Islam, pour la religion, pour la protection de la vie du Saint Prophète (SAWA), de la religion du Prophète (AS), de l'honneur et de la grandeur de l'Ummah islamique. Ce sont des actes de djihad qui dépassent les capacités humaines. Durant son enfance, quand il a commencé à reconnaître le Saint Prophète (SAWA) comme maître, à l'époque où il était élevé par lui, quand il a accepté l'Islam durant son enfance, pendant les treize années difficiles à la Mecque, lors de l'événement difficile de l'émigration à Médine, pendant les dix ans de vie du Saint Prophète (SAWA) à Médine et durant toutes les guerres, les sacrifices et les difficultés, l'Imam Ali (AS) était au summum du sacrifice. Il a fait les mêmes sacrifices après la disparition du Saint Prophète (SAWA). La patience du Commandeur des croyants (AS) a été un sacrifice ainsi que ses mesures, sa coopération, son acceptation du califat et les mesures qu'il a adoptées lors de son court califat. La liste des sacrifices du Commandeur des Croyants (paix et salutations soient sur lui) nécessiterait un livre long et volumineux qui étonnerait vraiment tout lecteur. Il est étonnant de voir qu'une personne puisse avec une telle détermination, mettre sa vie, sa réputation, ses capacités et toute son existence au service de Dieu. Comprendre cela est au-delà de ma compréhension et de celle des gens comme moi. C'est un autre chapitre du la vie du Commandeur des Croyants (AS) dont l'enregistrement nécessiterait de nombreux livres.

Le troisième chapitre concerne le comportement du Commandeur des Croyants (AS) pendant son califat, c'est à dire son comportement personnel, social et gouvernemental. L'Imam Ali (AS) a eu une vie modeste au cours de son gouvernement alors qu'il dirigeait un vaste pays qui s'étendait des pays de l'est jusqu'à l'Égypte et l'Afrique. Cette grande région constituait les territoires islamiques dirigés par le Commandeur des Croyants (AS). Ce grand et puissant souverain d'un pays si vaste et si riche, vivait comme un pauvre. Il n'avait qu'un seul vêtement. Sa nourriture était du pain sec à base d'orge. Il évitait tous les plaisirs matériels et a dit à ses compagnons, ses collègues et les hommes politiques de son temps : « Je sais qu'adopter un mode de vie si difficile est au-delà de vos capacités » [Nahjul Balaghah, Lettre 45]. Il avait raison, personne ne pouvait vivre comme lui. La vie du Commandeur des Croyants (AS) au cours de son gouvernement, est vraiment étonnante. Sa maison était modeste. Son mode de vie était celui d'une personne pauvre et indigente alors qu'il était engagé dans toutes ces grandes tâches. Cela est également vrai pour son comportement social, son administration de la justice et sa résistance dans le respect des obligations divines. Tout le monde est étonné face à une telle puissance et une telle grandeur. Quel genre de comportement politique avait-il ? Ceci est différent de ses positions spirituelles. Comment les politiciens et les dirigeants dans le monde, ont-ils vécu ? Comment le Commandeur des Croyants (AS) lui, a-t-il vécu ? Ceci est un autre chapitre important unique jusqu'à aujourd'hui, et qui le restera. La piété du Commandeur des Croyants (AS), sa grande spiritualité et son adoration alors qu'il était un homme puissant, sont uniques. On a demandé à l'Imam Sadjad (paix et salutations sur lui) : « Fils du Messager de Dieu, pourquoi supportez-vous de telles difficultés ? Pourquoi vous mettez-vous dans de telles peines ? Pourquoi accomplissez-vous tant d'actes d'adoration ? Pourquoi endurez-vous la faim de cette manière ? » L'Imam Sadjad (AS) se mit à pleurer et dit: « Ce que je fais n'est en rien comparable à ce que mon grand-père, le Commandeur des Croyants, avait l'habitude de faire. Mes actes ne sont en rien comparables aux siens». L'Imam Sadjad considérait que son comportement religieux était inférieur à celui du Commandeur des Croyants (AS). Ceci est très important. C'est le troisième point.

Le quatrième point est l'objectif que le Commandeur des Croyants (AS) avait à l'esprit au cours de son gouvernement, au sujet des gens. C'est un point très important et fondamental sur lequel je veux mettre l'accent. Le Commandeur des Croyants a dit: «Si vous me suivez, je vous aiderai à atteindre le paradis ». Les mots exacts du Commandeur des Croyants (AS) dans un de ses sermons cité dans le Nahjul Balaghah sont : « Si vous me suivez, certainement je vous orienterai, si Allah le veut, vers le chemin du Paradis même si cela est plein de difficultés et a un goût amer » [Nahjul Balaghah, Sermon 155]. Ce mouvement n'est pas facile. L'objectif du Commandeur des Croyants (AS) était d'aider les gens à atteindre le paradis, et cela a un rôle important dans les domaines intellectuels et spirituels, et dans la vie sociale. La raison pour laquelle j'insiste sur ce point est que certaines personnes dans le pays se demandent s'ils sont responsables d'aider les gens à atteindre le paradis quand on parle de guider les gens et d'exprimer les vérités religieuses et d'autres questions. Oui, nous sommes responsables. C'est la différence entre un dirigeant islamique et les autres dirigeants. Aider les gens à atteindre le paradis et à trouver le véritable bonheur dans l'Au-delà, est une règle islamique. Par conséquent, il faut aplanir le chemin. Il n'est pas question d'intimidation, d'imposition ou de pression mais d'une aide. L'homme naturellement a une inclination pour le bonheur. Par conséquent, nous devons ouvrir le chemin et aider les gens à atteindre le paradis. C'est notre responsabilité. C'est ce que le Commandeur des Croyants (AS) a fait car il se sentait responsable d'aider les gens à atteindre le paradis.

La société islamique est une société qui atteindra le sommet si elle respecte l'islam dans les domaines matériels. Si elle le fait, elle atteindra les sommets de la science et de l'industrie, et connaitra les meilleures conditions de vie, les meilleures relations sociales et une dignité et un prestige dans le monde, au niveau national et international. Mais ce n'est pas tout ce que nous avons à faire. Cela ne nous aidera pas à atteindre l'objectif dans son intégralité. Si nous avons une bonne vie dans ce monde, mais tombons en disgrâce quand nous mourons, quelle est la valeur de cette vie ? L'Imam Sadjad (salutations sur lui) dit dans son Sahifa al-Sajjadiya : « Mon Dieu, fait-moi mourir alors que je suis guidé par Toi, alors que je n'ai pas dévié de Ta voie et que je suis impatient et prêt à mourir » [Sahifa al-Sajjadiya, Dua 40]. Qui peut envisager ce passage avec empressement et volonté sinon celui qui est sûr de sa situation dans l'au-delà ? Comme vous l'avez vu, nos jeunes à l'époque, se sont engagés corps et âme, dans les arènes de la guerre et les dangers. Ces jeunes ont réalisé des prouesses étonnantes dans les opérations qui ont été mentionnées au début de cette réunion, dans les provinces d'Ilâm et du Khûzistân, et aussi dans les provinces de l'Ouest du pays. Ils ont négligé la mort parce que leurs cœurs s'étaient familiarisés avec cette vérité. Quand on voit l'autre côté et les bénédictions qui nous attendent, et quand on est confiant, la vie et les sacrifices sont faciles, on supporte plus facilement les problèmes et on avance plus facilement vers le danger. C'est un point important.

Si nous voulons remporter la victoire dans nos objectifs terrestres, nous devons renforcer notre foi, nos croyances et nos actions pour le monde qui se trouve au-delà de la mort. Le Commandeur des Croyants (AS) a dit: « Je veux aider les gens à atteindre le paradis ». C'est aussi notre responsabilité. Nous devons détourner les gens du mal, leur conseiller de faire le bien, préparer le terrain pour de bonnes actions dans le pays et garder les instruments du mal et de la malveillance hors de la portée des gens. Ce sont les responsabilités du gouvernement. Une des choses qui aide les gens à s'approcher du paradis est l'amélioration de leurs conditions de vie : « La pauvreté mène à l'incroyance » [Bihâr ul-Anwar, volume 27 page 247]. Une société pauvre touchée par le chômage, des problèmes, les inégalités sociales, la discrimination et les conflits sociaux, ne bénéficiera pas de l'assurance religieuse nécessaire. La pauvreté pousse les êtres humains à la corruption et à la mécréance. Par conséquent, elle doit être déracinée. Les tâches et les activités économiques doivent faire partie des plans sérieusement suivis par les responsables. Heureusement, les responsables aujourd'hui s'en occupent. Leurs pensées et leurs idées doivent être cohérentes et le chemin doit être correctement identifié. Nous devons avancer dans le juste chemin.

Nous avons parlé de l'économie de résistance. Si nous nous nous appuyons sur les forces et la confiance nationales, sur l'innovation et le travail des jeunes à l'intérieur du pays, nous pourrons nous libérer de l'arrogance et ne pas dépendre des ennemis étrangers. C'est le chemin qu'il faut choisir. L'économie de résistance signifie que nous voyions les capacités infinies qui existent à l'intérieur du pays et que nous les activions selon des plans bien-fondés et appropriés. Nous devons agir de sorte que ces talents soient correctement utilisés. Il y a quelques jours, j'ai dit lors d'une réunion [après la visite de l'exposition des acquis des forces aérospatiales de Sepah, 11/05/2014. ndt;] que dans tous les domaines où nous nous sommes appuyés sur l'innovation et les talents de nos jeunes, les progrès ont jailli comme une source. C'est ce qui s'est passé dans les secteurs nucléaires et pharmaceutiques, dans des domaines liés aux traitements des cellules souches, dans la nanotechnologie et les plans industriel de défense. Chaque fois que nous avons investi et que nous nous sommes appuyés sur la force des jeunes enthousiastes, religieux et purs, à l'intérieur du pays, et chaque fois que nous avons apprécié leur valeur, nous avons réussi à faire avancer les choses. Nous devons soutenir cette partie. Il en va de même pour les questions économiques. Les capacités économiques doivent être activées. C'est la voie qui mènera au progrès du pays. Si nous faisons cela, le pays connaitra des progrès économiques, spirituels et moraux, et des progrès dans les domaines qui concernent notre crédibilité internationale, notre dignité nationale et la confiance en soi du peuple d'Iran.

C'est le chemin que le Commandeur des Croyants (AS) nous a montré. C'est en jetant un coup d'œil sur ces réalités que nous pourrons comprendre l'Imam Khomeiny qui a déclaré : « Les États-Unis ne peuvent rien contre nous » [Testament de l'Imam Khomeiny, volume 10 page 516]. Il a mentionné les États-Unis comme exemple. Bien sûr, les États-Unis ne peuvent rien faire contre nous et n'ont pas été en mesure de nous porter atteinte jusqu'à aujourd'hui. Mais cela est aussi vrai pour les autres puissances qui ne peuvent rien faire contre nous. Cela ne concerne pas seulement les domaines militaires. Elles ne peuvent rien faire dans le sens général du terme. Elles ne peuvent pas mettre les gens d'Iran à genoux ni les empêcher de progresser. Elles ne peuvent pas exercer de pressions sur le peuple d'Iran qui le feraient plier. C'est ce que les grandes puissances pensent bêtement pouvoir faire. Le peuple d'Iran ne pliera jamais. Nous remercions Dieu que nos gens sont conscients et que notre jeunesse avance sur la bonne voie. Quand certaines personnes regardent les jeunes, ils ne voient que des cas et des comportements anormaux. Nous ne nions pas qu'il existe des comportements anormaux et nous en sommes conscients, mais la conduite générale de la population d'Iran et de notre peuple est une conduite religieuse, fondée sur l'intérêt à la religion, à la patrie, à l'islam, au Coran, à la spiritualité et à la grandeur nationale. Cela ne doit pas être négligé ni oublié. Heureusement, nos jeunes sont de bons jeunes. Une de nos responsabilités est d'aider ces jeunes à rester bons et à avancer de manière appropriée pour qu'Insha-Allah, ils puissent rendre de grands services à leur pays.

J'espère qu'Allah le Très-Haut, fera en sorte que l'âme de notre magnanime Imam Khomeiny soit satisfaite de nous. J'espère qu'Allah le Très-Haut, rendra satisfait de nous, le cœur sacré de l'Imam du temps (que nos âmes soient sacrifiées pour sa cause), car aujourd'hui, il est l'âme du monde. J'espère qu'Il nous aidera à bénéficier des prières de ce grand Imam et qu'Il ressuscitera nos chers martyrs avec le Saint Prophète (SAWA).

Que les salutations soient sur vous et que la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions vous accompagnent !