16 février 2020

L'éducation est l'un des critères de croissance et de développement dans chaque société. Lors de l'étude des développements éducatifs, des facteurs tels que l'expansion des ressources éducatives, les plans pour fournir des moyens éducatifs, la part du système éducatif dans le budget public, le taux d'alphabétisation de la société, les taux d'abandon scolaire, les installations, les services et les plans éducatifs sont principalement pris en considération. Lorsque nous parlons des réalisations de la Révolution islamique dans différents domaines, la promotion de l'alphabétisation et de l’éducation supérieure des femmes sera sans aucun doute l'une des caractéristiques les plus importantes à traiter. En tenant compte des facteurs susmentionnés, nous pouvons mieux comprendre l'alphabétisation et l'éducation des femmes. Il s'agit d'un point notable pour avoir une compréhension correcte du statut d'alphabétisation et d'éducation des femmes. L'examen des facteurs mentionnés ci-dessus de la période prérévolutionnaire jusqu'à aujourd'hui s'est concentré sur les chiffres officiels publiés avant et après la Révolution islamique.

 

L'éducation des femmes avant et après la Révolution islamique

 

L'éducation des femmes avant et après la Révolution islamique

 

Il paraît nécessaire d'examiner les perspectives générales de la République islamique d'Iran sur les femmes avant d'examiner les performances de la République islamique en termes d'alphabétisation des femmes.

Dans son article 20, la Constitution de la République islamique d’Iran met clairement l’accent sur l’humanité quel que soit le sexe et, par conséquent, elle souligne la part égale de l’être humain des droits humains, politiques, économiques, sociaux et culturels. De plus, l'article 21 souligne spécifiquement la nécessité de protéger les droits des femmes en proclamant que chacun doit respecter les droits des femmes et que faire valoir ces droits est l'une des responsabilités de l'administration et des organisations gouvernementales du pays.

 

Un autre document fondamental qui traite des droits des femmes en Iran est la «Charte des droits et responsabilités des femmes» définie et ratifiée par l'une des plus importantes organisations décisionnelles en Iran, à savoir le Conseil Suprême de la Révolution Culturelle (CRSC). Dans la section « éducation », le document soulève les points suivants :

  • Droit de bénéficier de la santé (dans la société, le milieu de travail, etc.) et de l'information et des moyens d'éducation nécessaires ;
  • Droit des femmes de participer à la politique, à la législation, à la gestion, à la mise en œuvre et à la supervision de la santé et du traitement, en particulier ceux concernant les femmes;
  • Droit des femmes à accéder à l'éducation publique et à bénéficier d'améliorations éducatives et de divers moyens d'éducation;
  • Droit des femmes de bénéficier de l'enseignement supérieur au plus haut niveau;
  • Droit des femmes d'acquérir des compétences et des formations spécialisées - tant quantitatives que qualitatives - aux plus hauts niveaux;
  • Droit des femmes à bénéficier de privilèges éducatifs dans les zones défavorisées;
  • Droit des femmes à assumer des responsabilités dans la préparation de l'école et d'autres matériels éducatifs;
  • Droit et responsabilité des femmes d'acquérir des postes qui correspondent à leur statut et à leur rôle dans les écoles et autres établissements d'enseignement.

 

Outre les politiques et documents fondamentaux concernant l'éducation des femmes en Iran, les dirigeants et hauts fonctionnaires de la République islamique d'Iran ont toujours souligné, dans leurs discours, la nécessité de fournir les infrastructures et les opportunités nécessaires à la croissance et à l'épanouissement des femmes dans leur vie individuelle et sociale. Par exemple, l'actuel Guide suprême de la Révolution islamique, l'Ayatollah Khamenei, déclare à ce propos:

« Les femmes ont un rôle dans les activités sociales, politiques, scientifiques et économiques. Du point de vue de l'islam, l'arène des activités scientifiques, économiques et politiques des femmes est complètement ouverte. Si quelqu'un décide de priver les femmes de travaux scientifiques et d'activités économiques, politiques et sociales sur la base d'un point de vue islamique, il a agi contre le décret divin. Les femmes peuvent participer à différentes activités autant que leur capacité physique et leurs besoins le permettent. Ils peuvent s'engager dans des activités économiques, politiques et sociales autant qu'ils le peuvent. La sainte charia [loi islamique] n'est pas contre. Bien sûr, Puisque les femmes sont plus délicates sur le plan physique, elles ont certaines particularités à prendre en considération. [1]

Cette attention particulière aux femmes - en particulier en ce qui concerne leur vie scientifique et universitaire - a conduit à des changements considérables et remarquables dans la croissance de leur vie individuelle, sociale et scientifique en Iran postrévolutionnaire.

Depuis le début de la Révolution islamique en 1979, de bonnes mesures ont été adoptées à un rythme rapide et avec un sérieux total, conformément à la promotion de l'alphabétisation des femmes de manière complète et approfondie, produisant des résultats concrets : le taux d'alphabétisation des femmes s'est amélioré de 37% en 1976 à 87% en 2015. Il convient de noter que le taux d'alphabétisation des femmes iraniennes est encore plus élevé que celui de la moyenne mondiale.

Outre les améliorations significatives du taux d'alphabétisation des femmes, après la Révolution islamique, les femmes ont bénéficié de loin d'une meilleure condition - en termes de justice éducative dans le domaine de l'alphabétisation - par rapport à la période prérévolutionnaire. Avant la Révolution islamique, le taux d'alphabétisation des femmes était de 24%, près de la moitié du taux d'alphabétisation des hommes - environ 48%. Cependant, après la Révolution islamique, cet écart entre les sexes dans l'alphabétisation des adultes est diminué à 9%. [2]

Lors de l'analyse de la période Pahlavi, il est généralement signalé que la situation des femmes a subi de nombreux changements positifs grâce à la modernisation de la société. Cependant, certains soutiennent que ces changements étaient plus superficiels que pratiques. Abbasi et Musavi soulignent que non seulement la modernisation de la société iranienne n'a pas modifié de manière générale la condition sociale des femmes dans l'Iran prérévolutionnaire, mais qu'elle a également « créé une division entre un grand nombre de femmes et sapé la position d'une majorité de femmes ayant des orientations religieuses en termes de formations éducative et sociale. Et cela à cause de l'indifférence du gouvernement à l'égard des droits politiques et civils des femmes et à leur poussée vers la décadence, dont la nécessité de progresser en forçant les femmes à lever l’hijab et, par la suite, la répression des femmes traditionnelles afin de faire respecter cette loi, en est un exemple. » (60). [3]

Plus précisément, dans le domaine de l'éducation, certains changements résultant de la modernisation de la période Pahlavi ont été dénigrés comme inefficaces en raison de leurs contradictions et de leurs différences frappantes avec la culture et l'identité iraniennes. Par exemple, dans son article « L’éducation sous le règne de la dynastie Pahlavi en Iran (1941-1979), Hamd-haidari soutient que les nouvelles structures éducatives à l'époque de Mohammad Réza Pahlavi ont été « imposées » et « qu'elles étaient totalement hors de propos pour la réalités culturelles, sociales et économiques de la société iranienne et aux besoins de cette société » (17). [4]

De plus, les macro-politiques du régime en matière de culture visaient à éliminer les femmes du cycle des activités économiques et sociales et à les définir comme une marchandise sexuelle au service de la société patriarcale. Comme preuve supplémentaire de l'inefficacité des politiques de Pahlavi sur les femmes et sur l'identité féminine, la célèbre interview d’Oriana Fallaci avec Mohammad Réza Pahlavi dans laquelle il a répondu à une question sur l'autonomisation des femmes, montre clairement les perspectives humiliantes et dégradantes des dirigeants pahlavis envers les femmes, ne laissant aucun doute sur ce qu'ils pensaient des femmes :

« Vous [les femmes] n'avez jamais produit un Michel-Ange ou un Bach. Vous n'avez même jamais produit un cuisinier remarquable. Et ne parlez pas d'opportunités. Est-ce que vous plaisantée ? Avez-vous manqué d’opportunité pour donner à l'histoire un cuisinier remarquable ? Vous n'avez rien produit de remarquable, rien ! » [5]

Un examen statistique peut faire la lumière sur les différences entre les perspectives des anciens régimes de l'Iran et celles de la République islamique dans le domaine de la participation des femmes dans l’arène de la science et de la recherche. Sur la base de statistiques internationales comparant l'ancien régime et la République islamique d'Iran, le taux de femmes occupant des sièges universitaires a considérablement augmenté dans la période postrévolutionnaire. Plus précisément, en 2008, l'admission des femmes dans les universités a dépassé 50% du taux d'admission global, atteignant 53%. [6] Les efforts de l'Iran pour réduire l'écart entre les sexes dans l'enseignement supérieur ont été si efficaces que la Banque mondiale a déclaré dans son rapport annuel sur le développement du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, que : « en 2002, en Iran, pour la quatrième année consécutive, le pourcentage de filles réussissant l'examen d'entrée rigoureux à l'université dépassait le pourcentage de garçons réussissant » (34-35). [7]

Sous la République islamique, les femmes les ressources et possibilités mises à la disposition des femmes se sont accrues de façon exponentielle à tous les niveaux de l'enseignement supérieur alors que de telles ressources étaient absentes dans les anciens régimes. Fondamentalement, le système monarchique en Iran a adopté une vision superficielle à l'égard des femmes, les considérant comme une marchandise dans la société.

Outre un meilleur accès aux environnements académiques et scientifiques, la condition des femmes s'est considérablement améliorée en termes de diversité des domaines académiques à leur disposition. Les femmes ont atteint une relative égalité avec les hommes dans différents domaines d'études et les ont même dépassées dans certains domaines. Comme le montre clairement le diagramme suivant, en 2017, le nombre de femmes diplômées en médecine et en sciences fondamentales dépassait celui des hommes diplômés. Ce n'est que dans les domaines techniques et d'ingénierie que le nombre de diplômés masculins a été nettement supérieur à celui des femmes, un point largement dû à la nature de ces domaines. [8]

Quel que soit le sexe, après la Révolution islamique, l'accès aux universités et aux milieux universitaires et la volonté d’y parvenir ont considérablement augmenté chez les Iraniens par rapport à la période prérévolutionnaire. En 1976, seulement moins de quatre pour cent des Iraniens ayant terminé leurs études secondaires ont poursuivi des études supérieures, mais après la Révolution islamique, afin de rendre la justice éducative et avec les infrastructures nécessaires devenues désormais disponibles, la poursuite des études supérieures est devenue possible pour un pourcentage élevé de la population iranienne. Selon les statistiques internationales, en 2014, près de 66% de ceux qui ont terminé leurs études secondaires sont entrés dans les universités. Il convient de noter que le taux de réussite de l'Iran dans l'expansion et la fourniture des locaux universitaires et de recherche, ainsi que dans l'encouragement des citoyens à acquérir la science, est presque deux fois plus élevé que le taux de croissance mondial.

L'acquisition de la science chez les femmes iraniennes a non seulement connu une croissance en termes de quantité, mais elle a également bénéficié d'une meilleure diversité géographique et d'une répartition géographique plus équitable après la Révolution islamique. En 1977, seulement 17% de la population féminine des zones rurales était alphabétisée ; alors qu'en 2017, 73% des femmes des zones rurales étaient alphabétisées. Cela indique plus d'une multiplication par 5. [9]

Les réformes structurelles et intellectuelles menées en Iran à l'égard des femmes ont conduit aux changements susmentionnés de l'alphabétisation des femmes. Fournir aux femmes des accès à l’enseignement et aux connaissances scientifiques et faciliter leur accès aux environnements académiques ainsi que promouvoir l'identité et la dignité des femmes iraniennes ont considérablement amélioré la situation de l'Iran dans le domaine des services publics et le développement des ressources humaines bien instruites et qualifiées. Cela est démontré par une augmentation de 10 fois du nombre de femmes médecins entre 1979 et 2012. Avant la Révolution, le nombre de femmes médecins était de 1988 alors que ce chiffre atteignait 20177 après la Révolution. [10]

Et finalement, dans le cas de la gestion de l'éducation, le rôle des femmes après la Révolution est incomparable à celui de la période postrévolutionnaire. L'accès accru des femmes à l'enseignement supérieur a permis à beaucoup plus de femmes d'occuper des postes de direction dans le domaine de l'éducation et a entraîné une augmentation du nombre de femmes enseignantes et membres du corps professoral dans les universités. Dans son rapport sur le nombre de femmes membres du corps professoral dans les universités, la Banque mondiale indique que le nombre de femmes dans ce secteur a connu une augmentation de trois fois, passant de 11% en 1970 à plus de 30% en 2016 [11].

[1] http://farsi.khamenei.ir/speech-content?id=2812

[2] https://data.worldbank.org/indicator/SE.ADT.LITR.FE.ZS?end=2016&locations=IR&start=1976&view=chart

https://data.worldbank.org/indicator/SE.ADT.LITR.MA.ZS?locations=IR

[3] Somaye, Abbasi et Musavi Mansoor. "Le statut des femmes iraniennes sous le régime Pahlavi (de 1921 à 1953)." Études sur les femmes, vol. 5, non. 9, 2014, p. 59–82.

[4] Hamdhaidari, Shokrollah. "L'éducation pendant le règne de la dynastie Pahlavi en Iran (1941-1979)." L’éducation dans l'enseignement supérieur, vol. 13, non. 1, 2008, p. 17-28.

[5] https://newrepublic.com/article/92745/shah-iran-mohammad-reza-pahlevi-oriana-fallaci: "You [women] have never produced a Michelangelo or a Bach. You’ve never even produced a great cook. And don’t talk of opportunities. Are you joking? Have you lacked the opportunity to give history a great cook? You have produced nothing great, nothing!" 

[6] https://knoema.com/atlas/Iran/topics/Education/Tertiary-Education/Female-students-in-tertiary-education

[7] "Genre et développement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord : les femmes dans la sphère publique". Banque mondiale, 2004.

[8] Annuaire statistique de l'Iran 2016-2017. Centre statistique d'Iran, 2017.

[9] Annuaire statistique de l'Iran 2016-2017. Centre statistique d'Iran, 2017.

[10] Simforoosh N, Ziaee SAM, Tabatabai SH. "Tendances de croissance de l'enseignement des médecins spécialistes en Iran. 1979 - 2013" Arch Iran Med. 2014 ; 17 (11) : 771 - 775.

[11] https: //data.worldbank.org/indicator/SE.TER.TCHR.FE.ZS? Locations = IR