* Zahra Shafei, chercheuse culturelle

La santé publique est l’un des indicateurs les plus importants du développement national. Elle reflète non seulement la qualité de vie d’une société, mais aussi la capacité des gouvernements à instaurer la justice sociale et à fournir des services publics efficaces. Une comparaison entre le système de santé iranien actuel et la situation d’avant la Révolution islamique (1979) montre que la République islamique a non seulement amélioré les indicateurs de santé, mais a également développé un modèle fondé sur la justice, l’accessibilité et l’indépendance médicale, et ce même sous les sanctions les plus sévères de l’histoire moderne. Cette transformation ne relève pas de la rhétorique ; elle est étayée par des preuves documentées et des données mesurables.

Négligence et sous-développement : le système de santé iranien avant la Révolution islamique

Avant la Révolution, le système de santé iranien souffrait de graves faiblesses structurelles. Une élaboration inefficace des politiques, un système éducatif fragile et une pénurie sévère de professionnels qualifiés menaçaient la santé publique et le bien-être social. Le manque de spécialistes formés et les faiblesses de l’enseignement médical et des soins faisaient partie des problèmes les plus graves du système.

Anthony Parsons, ancien ambassadeur britannique en Iran, écrit dans ses mémoires sur les mauvaises conditions sanitaires et la pénurie de médecins durant cette période : « À cette époque (vers 1966), l’Iran ne comptait que onze mille médecins, alors que le pays en avait besoin de quarante à cinquante mille. » Il ajoute qu’au moins la moitié de ces médecins étaient concentrés à Téhéran, car la pratique privée leur permettait de gagner davantage d’argent. Il note également que le nombre d’infirmières et de personnels médicaux formés était faible et que les programmes de formation n’avaient pas donné de résultats significatifs.

Ces politiques défaillantes ont conduit à l’arrivée de médecins pakistanais, indiens et bangladais dans le secteur de la santé iranien. Beaucoup ne disposaient pas d’une formation clinique suffisante, n’avaient pas acquis les compétences nécessaires pour une prise en charge adéquate des patients, ne parlaient pas le persan et engendraient de graves problèmes culturels et de communication. L’Iran se classait derrière même des pays très pauvres comme les Fidji et la Jamaïque en matière de ratio médecins/population, avec seulement trois médecins pour dix mille habitants.

En conséquence, même à Téhéran, les soins de santé étaient coûteux et peu fiables. Les médicaments et les infrastructures de traitement étaient en grande partie réservés aux personnes aisées. Le 2 juillet 1977, le journal Ettela’at rapportait que la ville d’Ardakan, avec une population de 70 000 habitants, ne disposait même pas d’une seule pharmacie. Le titre indiquait : « Les habitants d’Ardakan doivent parcourir 120 kilomètres pour obtenir des médicaments. »

Les conditions dans les zones rurales étaient bien pires. Les rares centres de santé existants manquaient d’équipements et de médicaments, fermaient en raison des conditions climatiques difficiles et des routes bloquées, et suspendaient souvent leurs services pendant de longues périodes. Dans la plupart des villages et des petites villes, les accouchements étaient pris en charge par des sage-femmes traditionnelles dépourvues de formation adéquate et de connaissances élémentaires en matière d’hygiène. La grossesse et l’accouchement étaient des expériences dangereuses, et la mort maternelle constituait un risque permanent. Rien qu’en 1976, 255 mères sont décédées lors de l’accouchement. Les soins aux nouveau-nés étaient également assurés sans supervision professionnelle, en s’appuyant sur des savoirs traditionnels et une infrastructure sanitaire extrêmement faible, parfois sans accès à de l’eau potable. Dans de telles conditions, la mortalité infantile et juvénile était souvent considérée comme une réalité inévitable.

Ce système fragile est devenu mortel avec la propagation des maladies infectieuses. Dans un télégramme historique adressé par les habitants de Dezful au Premier ministre, les résidents décrivaient la propagation épidémique de la typhoïde et du typhus dans la ville et signalaient que de nombreuses personnes avaient été infectées en raison du manque de médecins et de médicaments.

La transformation après la Révolution islamique

Quatre décennies après la victoire de la Révolution islamique, cette situation sombre et dangereuse s’est transformée en l’une des réalisations les plus importantes de la République islamique. Grâce à des politiques axées sur la justice et l’accès public, le système de santé iranien a atteint un niveau tel qu’il est désormais reconnu pour son innovation dans les traitements, la production pharmaceutique et les industries médicales.

L’intégration de l’enseignement médical dans le système national de santé et la création du « ministère de la Santé, des Soins et de l’Enseignement médical » ont marqué un tournant majeur. En l’espace de plus de quatre décennies, le nombre de facultés de médecine est passé de 9 à 68, et le nombre de médecins par habitant a été multiplié par cinq par rapport à la période prérévolutionnaire.

L’expansion du réseau national de santé a garanti un accès plus équitable aux services. Des maisons de santé ont été établies même dans les villages les plus reculés. Des lois sur l’assurance maladie universelle ont été adoptées et la couverture d’assurance nationale s’est progressivement étendue. Les services de santé sont devenus accessibles et abordables pour l’ensemble de la population.

Ces changements se reflètent dans des indicateurs clés tels que l’espérance de vie, qui a atteint 74 ans, soit trois ans de plus que la moyenne mondiale. Par rapport à la période prérévolutionnaire, l’Iran a gagné plus de 60 places dans les indicateurs mondiaux de santé.

Les femmes dans le système de santé iranien et leurs contributions

De nombreux systèmes de santé occidentaux sont confrontés à de graves défis tels que des modèles médicaux centrés sur les hommes, la marginalisation de l’expérience des femmes et des biais de genre dans les traitements. L’Iran a suivi une voie différente grâce à des politiques ciblées, notamment dans le domaine de la santé des femmes.

Après la Révolution, les femmes sont entrées dans les professions médicales à une échelle sans précédent. Elles ont été formées en tant qu’agentes de santé communautaire, sage-femmes, médecins, infirmières et enseignantes en médecine. Leur présence généralisée a transformé le système de santé publique iranien. L’importance des femmes dans toutes les spécialités médicales était si significative qu’en 1989, l’Imam Khamenei l’a qualifiée d’obligation religieuse [2], et il a réaffirmé ce décret à de nombreuses reprises depuis :

« Dans certains métiers, comme la médecine, la présence des femmes est un « wajib kafa’i » [une obligation religieuse qui ne s’adresse à aucune personne en particulier, et dont les autres ne sont plus tenus pour responsables si elle est remplie par certains musulmans soumis à un devoir (mukallaf)]. Il est wajib [obligatoire du point de vue religieux] d’avoir des femmes médecins, il est donc important que les femmes poursuivent une formation médicale jusqu’à ce qu’il y ait un nombre suffisant de femmes médecins. » [2]

Le fait de réserver l’obstétrique et la gynécologie aux médecins femmes a accru l’accès des femmes aux soins de santé et a considérablement amélioré la qualité des relations médecin–patiente. Les femmes ont pu parler ouvertement et confortablement des questions de santé physique et reproductive, ce qui a conduit à des diagnostics plus précis, à des traitements plus efficaces et à une plus grande confiance dans le système de santé. Les soins sont devenus plus humains et empreints d’empathie, plutôt que distants et hiérarchiques.

Les professeures et enseignantes ont également joué un rôle clé dans la formation de nouvelles générations de professionnels de santé dotés d’une compréhension plus profonde du corps des femmes, de leur douleur et de leurs besoins, une compréhension aujourd’hui largement reconnue comme faisant défaut dans de nombreux systèmes de santé occidentaux.

La présence de travailleuses de la santé dans les soins maternels, la santé de l’enfant, la vaccination, l’éducation sanitaire familiale et le suivi de la grossesse au sein des réseaux de santé ruraux a été décisive. La forte baisse de la mortalité maternelle et infantile est directement liée à la présence accrue de professionnelles qualifiées.

Aujourd’hui en Iran, les femmes enceintes bénéficient de soins prénatals gratuits. L’accès aux spécialistes et aux sage-femmes formées dans les zones rurales s’est considérablement élargi. La mortalité infantile s’est améliorée de 29 places au niveau mondial et est désormais inférieure de plus de moitié à la moyenne mondiale, avec 11 décès pour 1 000 naissances. Les programmes de promotion de l’allaitement maternel, de l’alimentation complémentaire appropriée, du suivi de la croissance des enfants, du soutien nutritionnel aux mères et aux enfants vulnérables, des initiatives de sécurité alimentaire dans les régions défavorisées et une couverture vaccinale infantile quasi universelle ont tous contribué à l’amélioration de la santé maternelle et infantile.

Toutes ces transformations ont été rendues possibles par la Révolution islamique. Comme l’a déclaré l’Imam Khamenei :

« Ils [les ennemis de la Révolution] ont essayé de réprimer et de décourager notre nation à plusieurs reprises. Ils ont essayé de convaincre nos compatriotes qu'ils étaient incompétents. "Oui", disaient-ils, "vous avez fait la révolution, mais vous ne pouvez pas diriger le pays vous-mêmes. Vous ne pouvez pas faire des progrès ni faire les progrès qui sont faits dans le monde". Chaque progrès scientifique est un témoignage de la compétence de notre nation. » [3]

Aujourd’hui, l’Iran a montré qu’un progrès sans dépendance est possible grâce à la foi, à l’autosuffisance et à la confiance dans les capacités de sa jeunesse. En moins de cinq décennies, le pays s’est transformé d’un importateur et consommateur en un producteur et exportateur dans de multiples secteurs de l’industrie médicale. Guidé par les principes islamiques, l’Iran a ouvert une nouvelle voie pour les femmes et a introduit un modèle distinct de soins de santé fondé sur la dignité, l’indépendance et la justice sociale.

Références :

[1] https://farsi.khamenei.ir/speech-content?id=2250

[2] https://french.khamenei.ir/news/14053

[3] https://french.khamenei.ir/news/10826

 

(Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteure et ne reflètent pas nécessairement celles de Khamenei.ir.)